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"A quoi sert de voyager si tu t'emmènes avec toi ? C'est d’âme qu'il faut changer, non de climat."(Sénèque)
Rédigé par Mario
Le Tibet ce fut avant tout une rencontre, celle de notre guide, un jeune homme, de vingt ans à peine, entre modernité et tradition, qui allait nous faire découvrir le Tibet, son Tibet…
Etre guide au Tibet, c’est donc avant tout avoir un look improbable, des cheveux coiffés en épis, une paire Ray Ban aviateur flambant neuve, des
baskets aux pieds, deux pulls enfilés l’un sur l’autre, bref, un look d’Ados plus que de Guide. C’est ainsi que nous avons rencontré Adon, notre guide, un jeune Tibétain
d’aujourd’hui.
Affable et pas timide pour deux sous, le contact s’établit très vite entre nous, il parle, beaucoup, un vraiment moulin à paroles, bourré
d’expression clichées, glanées dans les jeux vidéo et les films hollywoodiens (« hey dude »).
Il n’a pas vraiment l’air Tibétain - ni même l’air d’un Guide pour tout dire – mais il connait pleins de choses, nous raconte la religion bouddhiste
comme il l’a apprise et comprise, et nous expliquent aussi les nouveautés des jeux vidéo en lignes et le son Hip Hop qu’il adore. Pour la culture bouddhiste, nous on essaye de suivre, mais ce
n’est pas facile, tous les différents noms et les différentes représentations des divinités bouddhiste se mélanges, c’est un peu du chinois pour nous. Il nous répond sur tout, pas de langues de bois, pas non plus de gènes sur les points politiques ou de la vie au quotidien avec les
Chinois.
Le ton est donné, ce jeune homme à la langue bien pendue, vas nous conduire pendant sept jours, dans son pays et à travers les plus hauts sommets et
les arcanes d’un Tibet en pleine mutation.
Nous apprendrons tout ou presque de la vie ce jeune homme, de sa relation à l’occupant, de sa vie au Tibet, de son travail, de sa conception de la
vie, et même de sa petite copine (très jolie d’ailleurs !) et ainsi nous viendrons à connaître un Tibet un peu différent de l’image de papier glacé, un Tibet très humain, forcer d’évoluer
entre tradition et modernité et de s’accommoder de l’occupation chinoise.
Adon, vient de la région de Haba, région qui à fait parler d’elle à l’occasion des jeux Olympiques, en une protestation pacifiste. Il en est même très fier et le revendique haut et fort !
Nous apprenons aussi que la conséquence immédiate de ces évènements à été la confiscation pure et simple des passeports de l’ensemble des Tibétains âgés de moins de 60ans. Les tibétains n’ont
donc aujourd’hui plus droit à un passeport et ne peuvent légalement quitter le pays. Cette prise d’otages est scandaleuse et nous révoltes.
Nous apprenons également qu’eut égard à l’importante présence militaire (un peu partout nous voyons des gardes et des patrouilles), la vie quotidienne sans trouve également affectés, une querelle
de voisin, un différents quelconque pour peu qu’il oppose un tibétain et un chinois tourne le plus souvent en provocation de la part des chinois, et donne lieu à un déni de droits des tibétains
qui n’insistent pas pour ne pas risquer de voir la police militaire débarquer et transformer ce simple incident en élément politique. Le Tibet et ses habitants sont traités à l’égal d’une
minorité et les Hun ethnie majoritaire chinoise ne se privent pas pour dénigrer les minorités et les Tibétains de ce fait.
Nous découvrons que l’origine de la présence chinoise est due au richesse naturelle du Tibet, les montagnes sont riches de minerais, Nickel, Cuivre, Argent et Or, de plus les ressources fluviales (en provenance des glaciers) et l’électricité qui en découle (générées par les barrages) n’est pas non plus négligeable. Nous
comprenons que cette occupation aux motifs économiques n’est pas prête de finir.
Les chinois peuvent acheter (dans le domaine privé) une montagne pour environ 10000 dollars et suivant leurs chances, l’exploitation minière à leur
frais les rendra riche !
Comment un gamin de vingt ans a-t-il eut l’idée d’apprendre et le chinois et l’anglais, il semble que son grand frères ait eu une grande influence en ce sens et au final, cela lui permet
d’évoluer avec les autorités chinoises aussi bien qu’avec les touristes (mais de son propre aveu sa préférence va nettement aux touristes et
étrangers de surcroit – « pas de chinois par pitié ! »). Un peu voyous sur les bords, malin comme un singe et gouailleur, avec une
personnalité parfois aux accents enfantins, il est au final très attachant, et se révélera un excellent guide.
Les faits historiques, et les dates anciennes, culturelles et politiques ne sont pas trop sont fort, en revanche, il est incollable sur la religion et bourrée d’anecdotes sur les événements plus
ou moins récents et la vie quotidienne en générale, il nous raconte volontiers tous ce qu’il sait.
Il nous explique ainsi, qu’au Tibet, il n’existe pas de sépultures à l’occidentale (mise en terre), ici il y l’enterrement du Ciel, celui du Feu ou
celui de l’Eau. Dans la tradition bouddhiste, ce sont les Lama qui déterminent suivant les actes et la vie menée du défunt le type de sépulture.
Celui du Ciel est traditionnellement réservé aux bonnes personnes et celui de l’Eau au plus mauvaises, majoritairement aujourd’hui c’est celui du Feu qui est pratiqué. En quoi cela consiste-t-il,
le Feu, c’est la crémation vous l’aviez devinez, mais le Ciel et l’Eau sont assez particulier… pour l’un et l’autre, le corps considérée par les bouddhiste comme une simple enveloppe charnelle et
découpée en morceaux et données en pâtures aux oiseaux pour l’une et aux poissons pour l’autre. Il est dit que plus la personne a été bonne est plus vite le corps est dévorés (dans le cas
contraire, la personne n’était pas bonne au sens propre comme figuré !).
De la même façon, il nous explique le remplacement par les autorités chinoises du seul « Haut Lama » restant sur le territoire
Tibétains /Chinois, le « Pension Lama », les deux autres ayant fuit le Tibet et étant actuellement en exil en Inde.
Entre deux explications, le bonhomme nous expliquent sont gout immodéré pour la sieste, goûts que nous aurons l’occasion de vérifier et à de
multiples reprises, nous donnant par exemple rendez-vous le matin et arrivant en retard (panne d’oreiller, et tout essoufflé et confus d’excuses) ou bien piquant du nez pendant les trajets en
voiture au grand désarroi du chauffeur, incrédule et qui ne pouvait s’empêcher de le regarder du coin de l’œil (ce qui nous rendait franchement hilare).
Plein d’attentions gentilles, il nous a notamment aidés à faire nos couchages au camp de base de l’Everest. Parfois insolent et moqueur, lorsqu’il évoque les religions chrétiennes et musulmanes
devant nous sans trop se préoccuper de nos croyances (mais sans méchancetés aucunes) et quelque fois complètement immature voir au-delà des limites, lorsqu’il se moque de nos appréhensions face à
la route qui mène à la frontière.
Au final pourtant, nous aurons du mal à quitter ce petit gars, et à travers lui le Tibet que nous avons découvert...
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