Samedi 19 décembre 2009 6 19 /12 /2009 12:33

Rédigé par Mario

Après Agra, nous pénétrons dans l’Etat du Nord Ouest de l’Inde, le Rajasthan, ou les villes telles que Jaipur, Jodhpur, ou Udaipur résonnent dans l’imaginaire collectif comme autant de synonymes des mystères de l’Inde, symboles du romantisme oriental et de l’opulence passée des Maharajas.

Nous commençons par Udaipur la Venise du Rajasthan et finiront par Jaipur la ville des pierres précieuses. Aucunes des villes que nous avons traversée en Inde ne se ressemble vraiment, Udaipur ne fait pas exception, c’est une ville magique avec son célèbre lac et son non moins célèbre hôtel Taj city palace, ancien palais d’été des Maha Rana (à ne pas confondre avec les Maha Raja) transformé en hôtel et situé au beau milieu du lac. Nous avions projetés d’y boire un verre en admirant le coucher de soleil, mais cela ne fut malheureusement pas possible, car l’accès y est désormais réservé aux seuls clients résidents de l’hôtel, depuis les attentats de Bombay. Dommage, mais nous nous consolerons en prenant un cours de cuisine Indienne, et nous serons au final largement gagnants !

Udaipur est la seule ville du Rajasthan à n’avoir été ni conquise ni soumise, que ce soit par les Moghols ou par les Anglais, et de ce fait le seigneur d’Udaipur hérita du titre de Maha Rana (littéralement le grand guerrier). Le titre de Maha Raja (littéralement le grand roi) fut attribué par les seigneurs Moghols aux seigneurs défaits où leur ayant prêté allégeance et repris par les Anglais lorsqu’ils nommèrent des vices Roi (Raj), après avoir pris le contrôle de la Compagnie de Indes et avoir annexés purement et simplement les territoires sous son contrôle. Le dernier des vices Roi, Lord Mountbatten fut celui qui rendit l’Inde aux Indiens et qui procéda à la partition des Indes, en deux pays distincts l’Inde d’aujourd’hui et le Pakistan, renforçant le schisme d’alors entre musulmans et Hindous et qui perdure encore à ce jour.

Nos expériences culinaires en Inde furent très bonnes et certaines vraiment somptueuses, parmi elles le cours de cuisine Indienne de Madame Sushma a été exceptionnel. Notre professeur, une maitresse femme aux accents de matrone nous a fait vivre deux heures délicieuses, au propre comme au figuré, puisque nous aurons le privilège de nous régaler de ce qu’elle/nous aurons préparé (ce repas fut parmi les meilleurs que nous aurons fait). Autant vous dire que j’étais aux anges et surexcité, mais l’enthousiasme de Maj ne dépareillait en rien. Nous quitterons ce cours, enchantés, riches de nouvelles saveurs et de nouvelles connaissances culinaires (repus aussi, je me suis re-servi trois fois) et les bras chargés d’épices de Madame Sushma (bah voui, il nous fallait bien un étalon pour mesurer nos tentatives à venir de reproduire sa cuisine, et le cas échéant retrouver les saveurs exactes que nous avons goutées).

Avant d’arriver à Jaipur, nous ferons halte dans une petite ville, Pushkar, sorte de Katmandou baba cool, d’après notre guide de voyage. En fait cette ville est aussi et surtout une formidable adresse Israelite. Nous hallucinerons (moi surtout) de rencontrer autant d’Israéliens, comme si la ville était un rendez-vous, passage obligé, de tous les voyageurs Israéliens en Inde, au point que les adresses sont ici écrites en Hindi, en Anglais et en Hébreu. Nous dormirons d’ailleurs dans un hôtel tenu par une jeune femme Israélienne et où nous y serons les seuls goys !  

Dans cette ville, je piquerai une formidable colère après m’être fait avoir sur une arnaque à la religion (sans doute est-ce leur manque de respect pour la religion associé à ma crédulité, une fois n’est pas coutume, qui me mit hors de moi), j’aurais même droit de la part de l’un des arnaqueurs à un « Why like this ? Pourquoi Réagir ainsi ? », Incroyable l’aplomb de ces types ! Maj de son coté sera malade, pour la première fois de notre voyage, sujette à d’intenses nausées, heureusement sans gravité et surtout sans suite. Mais nous découvrirons plus tard l’origine probable du problème, dans la prise quotidienne de notre traitement antipaludéen et, renseignements pris, nous agirons désormais de sortes à éviter les possibles effets secondaires.

Bref, nous quitterons le cœur joyeux cette ville pour nous rendre à Jaipur. Là bas, nous décidons de rompre avec le rythme des visites et nous préférons vivre la ville ainsi que la vie des Indiens. Nous nous régalerons de pâtisseries locales au hasard de nos errements dans les rues et les bazars de la ville. Cerise sur le gâteau, nous irons même voir un film « Bolywood », dans le plus grand cinéma de la ville (et du Rajasthan), une véritable institution le « Raj Mandir ». Alors que nous faisions la queue devant le cinéma, de jeunes enfants indiens nous interrogerons, « vous êtes Indiens ? Non, et vous parlez Hindi ? Non plus, alors pourquoi vous allez voir ce film ? ». A dire vrai, c’était pour l’ambiance, par curiosité aussi, mais dans tous les cas nous avons été étonnés par la qualité de la réalisation de ces films, qui n’ont rien à envier aux productions hollywoodiennes (bon d’accord les scénars sont en général kitsch, voir très kitsch) et pour ce qui est de la compréhension ce ne fut pas trop compliqué (sauf quelques dialogues un peu longs bien sûr). Nous partagerons d’ailleurs de nombreux fous rires avec la salle (c’était une comédie romantique) et passeront un super moment !

Enfin, nous arriverons à New Dehli (la fin de notre voyage en Inde), ville de 12 millions d’habitants, énorme, où il n’est point de salut sans véhicules (tant les distances sont ici grandes) et de préférence avec chauffeur, pour affronter les grandes avenues tels des périphériques ultra bondés. De chauffeurs, nous n’en n’avions pas (nous avons abandonné notre moyen de locomotion à Jaipur) et en backpackers aguerris, nous nous sommes essayés à la marche à pied, mais nous rendant à l’évidence rapidement, nous opterons sagement pour les auto-rickshaws. Comment décrire Delhi, disons que pour qui n’y vit pas, il semble y avoir plusieurs micro-villes. Plus généralement il semble y avoir une zone  confortable et aisée  au Sud de la ville, avec des sortes de résidences (compounds appelés « Colony ») avec des maisons /villas cossues (comme le quartier d’Anfa à Casablanca) et même une sorte de marché local, avec pleins de boutiques et tout et tout. A l’Est de la ville et au Nord dans Old Delhi, disons qu’il y a beaucoup moins de glamour, avec des habitations vétustes et peu  soignées (y compris des bidonvilles), beaucoup de bruit et de pollutions.

En fait, Dehli consiste surtout en un ensemble de grandes et larges routes bétonnées bordées de terrains vagues et de quelques arbres, où s’agglutinent rickshaws, taxis, voitures, motos et bus, dans un vacarme constant et assourdissant. A Dehli, on atterrit rarement sur quelque chose par hasard, les magasins ne bordent pas les rues et il faut savoir où aller pour trouver de l’animation, et c’est en général dans des ruelles bien cachées et après au moins une demie heure de route que vous y arriverez, enfin avec de la chance. Autant dire que se promener à Dehli est non seulement presque impossible, mis à part dans la veille ville, voire très désagréable. Les klaxons et les sollicitations omniprésentes ont d’ailleurs eu raison de ma patience et je suis devenue facilement irritable au grand dame de Maj qui, la pauvre, a subi ma mauvaise humeur pendant ces deux jours. Désolée ma chérie et merci de ta patience…

Mais Dehli, tout du moins Old Dehli, ce fut aussi un régal, dans les petits boui boui (bah voui on se lache, c’est la fin de notre voyage en Inde alors nous prenons des risques, finies les frustrations devant toutes ces bonnes odeurs, et bonjour les petits plats de la rue !), la découverte du marché dominical et de la foule, des bazars. Ce sera aussi l’occasion pour Maj de s’y faire confectionner une robe sur mesure, à un prix défiant toute concurrence, entre 13h et 19h le jour même, Incredible India. Dehli et l’Inde du Nord que nous avons entre parcouru est vraiment étonnante.

Nous quittons finalement l’Inde pour le Vietnam, avec un changement de dernière minute, nous n’irons pas en Malaisie, pas de Kuala Lumpur donc. En effet le billet via Singapour (et avec Singapour Air Lines) se révélera bien moins onéreux et donc nous opterons pour cette solution.

Namaste India !

Par Maj&Mario
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