Vendredi 29 janvier 2010 5 29 /01 /2010 09:32

Rédigé par Maj

 

Eh oui, l’aventure a du bon…et du mauvais !

Le Sud du Laos, un endroit paradisiaque qui s’appelle les 4000 îles, composé d’ilots de verdure baignant dans un Mékong bleu ciel : un endroit de rêve. Dès notre arrivée, le paradis n’est pas tellement au rendez vous puisque nous arrivons en bus de nuit, ce qui n’est pas le sommeil le plus réparateur, je suis  depuis deux jours fatiguée et nauséeuse (et non, pas enceinte J ), j’apprends sur la route que mon père, qui va heureusement mieux depuis, est malade, et à notre arrivée il pleut des cordes. Nous attendons que tout cela passe dans notre chambre et le lendemain, le ciel est bleu et le soleil cogne, je vais mieux, alors nous décidons d’aller visiter les îles et les spectaculaires chutes d’eau qui les entourent.

Pour ce faire, nous voulons à tout prix éviter les formules groupées à touristes dans un mini bus, et préférons, sur le conseil de Nîmois avisés, louer un scooter et sillonner les îles librement grâce à ce moyen de transport, avec l’aide de barges pour passer d’île en île.

Mais sur l’île où nous résidons, il n y a pas de scooter « automatique », soit les plus simples à manipuler, uniquement à vitesses. Mario sait conduire une moto, il me le confirme même si je suis un peu sceptique lorsque je vois qu’il a du mal à démarrer la machine... Nous passons une superbe journée : nous traversons des îles désertes sur des pistes en forêt, nous nous arrêtons au bord de chutes merveilleuses et nous désaltérons de jus de fruits exotiques dans des petits bungalows perchés sur le Mékong.

Tout le long, conscients de notre peu d’expérience en moto, nous roulons prudemment et lentement et Mario se débrouille comme un chef. Vers 15 heures nous sommes de retour sur l’île où nous résidons, la plus grande île, soit 18 km de large et de long environ. Trop contents d’être arrivés à bon port et portés par notre élan, nous décidons de continuer notre ballade en faisant le tour de notre île, que nous ne connaissions pas encore, avant de rendre le scooter à Mr Pon, notre loueur mais aussi un peu le dieu du tourisme sur notre île. Il tient en effet la meilleure auberge de l’île, un hotel flambant neuf et prodigue de précieux conseils aux voyageurs grâce à un très bon français.

Mais voila, la route ici est bien goudronnée, et nous roulons un peu plus vite, à environ à 50 ou 60 à l’heure lorsque devant nous apparait un gros trou, occupant toute la largeur de la route, donc impossible à éviter. Eh oui c’est ça les routes laotiennes, il y a des petites surprises de temps à autre ! Mario freine fort, trop fort, en utilisant d’après ce qu’on nous dira plus tard les mauvais freins, c'est-à-dire les freins « casse gueules », ceux du guidon et non la pédale d’en bas. Nous dérapons complètement et tombons sur le bas côté. Je tombe sur Mario donc je suis blessée mais Mario bien plus. Il hurle de douleur au début, ce qui me fera totalement paniquer mais nous réalisons avec soulagement que ni l’un ni l’autre n’avons quoi que ce soit de cassé.

Nous sommes seuls sur la route, il y a un soleil de plomb et nos affaires sont éparpillées partout, le scooter renversé sur la route. Nous essayons de reprendre nos esprits, s’inquiétant chacun du sort de l’autre, rinçons nos plaies avec une bouteille d’eau et décidons qu’il faut absolument aller nous désinfecter tout de suite. Le scooter, dont le phare est cassé et le rétroviseur droit envolé, marche très bien à notre grande surprise. Mais quelques mètres plus loin je suis en état de choc et avec la vue de tout ce sang et de ce qui s’est passé je fais une baisse de tension et demande à Mario de s’arrêter. Je m’allonge sur le bas côté et nous voilà très vite entourés de tout le village qui nous répète d’aller à l’hôpital. Je sais que je n’ai qu’une baisse de tension car je n’ai reçu aucun coup sur la tête, et je sais surtout que Mario, dont les habits sont déchirés et les plaies bien plus nombreuses et profondes que moi, est dans un état pitoyable et ne se plaint pas, car il est dur au mal mais je m’inquiète pour lui. J’essaie de me lever à trois reprises mais j’en suis incapable. Une adorable femme m’héberge chez elle et m’allonge sur son hamac, mais pendant ce temps personne ne s’occupe de Mario, qui me rappelle timidement qu’il « saigne comme un porc et qu’il ne faut pas qu’on tarde ». Je propose à Mario qu’il me laisse là et que je me débrouillerai pour rentrer quand j’aurai récupéré des forces, qu’il aille se soigner et rendre le scooter mais il ne veut pas me laisser seule.

Nous finissons par monter dans un camion, moi avec un vicks contre l’évanouissement collé au nez et Mario mordant la poignée de son sac à dos de douleur, le scooter à l’arrière et en route pour l’hôpital.

Là bas, ils nous soignent et nous désinfectent grossièrement et ils ne parlent aucun anglais. Nous rendons le scooter, les dédommageons du montant des réparations qui s’avèrera raisonnable puisqu’uniquement de 35 Dollars. Le lendemain, après une nuit difficile, nous allons dans une plus grande ville pour nous soigner. Cette fois-ci, Mario sera traité comme un roi, les infirmières seront professionnelles et nettoieront parfaitement ses plaies. Mario se retrouvera donc, avec environs 6 gros bandages (ce sont tout de meme des brulures du deuxieme degre) sur les avants bras et les jambes tandis que moi, je n’aurai qu’un pansement au pied, une blessure qui me fera par contre boiter et une autre légère à la main. Mario m’a en fait servi de pare choc à son détriment, le pauvre!

Voilà. Cet accident nous a mis un bon coup au moral  pendant quelques jours mais maintenant nous avons digere l'incident. Dans la rue les gens nous regardent beaucoup, notre passage suscitant un peu d’inquiétude, beaucoup de questions, sur ce qui s’est passé ou plus souvent encore, des rires « motobike, motobike... yes yes motobike ». Eh oui, maintenant que la douleur est derrière nous, même nous, nous en rions aussi un peu nous même et j’appelle Mario mon petit bonhomme Michelin. Cela nous vaut aussi beaucoup de discussions avec d’autres touristes ou locaux et nous sommes au courant de tous les accidents de scooters qu’il y a eu depuis 10 ans entre la Thaïlande et le Laos !J A priori ces accidents sont extrêmement fréquents et nous avons eu énormément de chance de n’avoir rien de cassé. Nous nous disons que cela aurait pu être pire, surtout lorsqu’on nous a parlé d’une Suissesse qui était au même hôpital que  nous et qui s’était cassé les deux bras, le droit en faisant du vélo entre le Cambodge et le Laos, et le bras gauche en descendant les escaliers, tellement abattue par les anti douleurs de son bras droit….

Nous sommes arrivés aujourd’hui à Bangkok et j’écris cet article pendant que Mario se fait changer ses bandages. L’accident a eu lieu il y a cinq jours. Je boite encore un peu, nous ne pouvons pas nous baigner pendant une semaine et  Mario va se taper des parasols et de l’écran total jusqu’à la fin de notre séjour !:) Mais nous avons et le moral, et le sourire et j’avoue même que le fait que je boite nous sert d’excuse pour aller écumer tous les grands centres commerciaux de Bangkok dont on nous a tellement parlé ! Un peu de shopping ne nous fera pas de mal !:)

 

 

Par Maj&Mario
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