(Maj et Mario)
Nous sommes dans le train qui nous amène de Kunming, capitale du Yunnan, dans le sud ouest de la chine, à Xi’an ville historique du Nord Ouest. La Chine
est assez éprouvante car nous conjuguons le fait de ne pas pouvoir prendre l’avion avec le programme ambitieux de visiter les quatre coins de cet immense pays. Nous enchainons donc les kilomètres
et les nuits dans le train, passant parfois plus de temps dans les transports qu’à visiter les sites. A notre arrivée à Guilin, notre première étape après Canton, nous nous réveillons quatre
minutes avant l’arrivé du train en gare. S’agissant d’un court arrêt sur cette ligne, nous nous retrouvons à sortir en pagaille de notre wagon, avec les sacs à dos ouverts sur une épaule, les
chaussures défaites, et presque notre serviette de bain sur la tête ! Heureusement le train est resté à quai plus longtemps que prévu, ce qui nous à permis de revenir au compartiment
chercher la moitié des affaires que nous avions oubliés ! Ce matin, nous devions arriver à Xi’an à 5h20. Bien décidés à ne pas reproduire notre réveil agressif de Guilin, nous mettons notre
alarme à 4h45. Nous faisons notre toilette, rangeons nos affaires et nous sommes fin prêts à 5h10, mais dans un noir complet, un train filant à toute allure, et des ronflements plus forts les uns
que les autres. Après avoir réalisés que le contrôleur n’était pas venu nous prévenir, que nous étions les seuls apprêtés voire réveillés, et surtout lorsque 5h20 passe et que nous nous arrêtons
nulle part, nous comprenons que la durée du trajet était bien de trente sept heures comme nous le pensions à l’origine et non de onze heures comme on nous l’avait expliqué à l’achat du billet. En
d’autres termes, nous arriverons bien à 5h20 mais vingt quatre heures plus tard ! Je passe l’heure d’après, à essayer de me rendormir, tout en espérant arriver à Xi’an à chaque
ralentissement, et en essayant d’oublier les conséquences de ce retard non prévu (nuit réservée à l’hôtel inutilement, programme écourté de nos visites à Xi’an, et surtout, le plus important,
« mais que va-t-on manger ?!).
Ces 24h s’avèrent finalement assez reposantes et nous permettent de repartir du bon pied pour attaquer la deuxième partie de notre voyage, la Chine Historique, celle des grandes villes, la Chine du Nord. Jusqu’à maintenant, nous avons visité le Sud, plus authentique, aux beaux paysages et aux villes à taille humaine (plus d’un million d’habitants tout de même).
Arrivés à Guilin, sous un crachin que même nos amis bretons n’auraient pas renié, après une halte à l’hôtel, histoire de nous rafraichir, nous partons en quête de la croisière qui nous ferait découvrir les beautés de la région. Forcément, il était trop tard, tous les bateaux étaient déjà partis, et nous voila désormais sous une bonne vraie pluie (avec nos ponchos) arpentant les bords du fleuve Li. Nous décidons tout de même de tenter notre chance, au hasard, auprès d’une agence tenue par une vielle mama chinoise, et là, nous parvenons à négocier un bateau rapide dans un chinglish approximatif. Après vingt minutes de trajet, nous arrivons à un embarcadère privé, probablement de la famille de notre mama. Notre embarcation est assez rudimentaire et notre chauffeur plutôt taciturne, mais nous sommes résolus. Sitôt partis, nous découvrons médusés le vrai visage de « Gran Torino », notre chauffeur, ainsi baptisé par nos soins, qui se révèle être un vrai fou du volant. C’est à toute vitesse et sous une pluie battante, que nous fonçons sur les grands bateaux de touristes, les évitant de justesse, au grand dam de ces derniers qui ne manquaient pas de klaxonner sur notre passage. Nous les dépassons tous et rattrapons même ceux du matin partis plus tôt, mais au final, hilares, nous nous réjouissons de notre choix qui ne manque ni de charme ni de piquant dans ces conditions.
Nous étions tout de même content de quitter la pluie pour retrouver enfin, non pas le soleil, mais un ciel couvert dans le Yunnan. Le Yunnan
est la région de Chine où l’on rencontre le plus d’Ethnies minoritaires. En effet, 92% des chinois sont des « Han », le reste de la population est constitué de minorités, 55 au
total, comme par exemple, les « Hui » qui sont des « Han » devenus musulmans, les « Ouïgours », les « Hani », les « Yi » et les plus
médiatisés, les Tibétains. Leur peau est souvent plus mate, et leurs yeux plus ronds ; ils ont également le sourire bien plus facile, et sont très traditionnels. On distingue d’ailleurs, souvent, les minorités entre elles par leurs habits, par exemples très colorés pour les « Yi » et sombres pour les
« Hani ».
Nous avons choisi de sortir un peu des sentiers battus de cette région très touristique en descendant en bus près de la frontière vietnamienne, afin de contempler une des plus belles régions de
rizières de Chine, la région de Yuànyàng. Sept heures de bus tout de même pour s’y rendre, mais nous étions prêts ! Enfin, c’est ce que nous pensions… notre chauffeur, un autre excité du
volant (c’est à se demander s’ils sont tous comme ça !), écrase toutes les trente secondes le klaxon, afin de doubler tout ce qui roule, si bien que le trajet est avalé en 6h route de
montagne ou pas. C’est à peine si un seul véhicule aura pu nous doubler pendant toute la durée ce périple !! Ah oui, j’oubliais, les chinois crachent, nous le savions, mais pas dans un bus,
non, eh bien si ! Nous avons eu droit à une cracheuse professionnelle, qui au grand bonheur de Mario, avait au moins pensé à garder la poubelle entre ses jambes à cet usage. Enfin, un
bonheur de courte durée, jusqu’à ce que notre chauffeur « speedy » freine d’un coup sec, et que la poubelle, remplie régulièrement depuis
près 5h de trajet, ne valse par terre et vienne se renverser juste à notre hauteur. La scène était trois fois pire que ce que vous pouvez imaginer, ce qui nous a fait partir dans un énorme fou
rire, même si nous étions vraiment écœurés. A Yuàngyàng, il n’y a eu ni lever ni coucher de soleil escomptés, puisque le ciel était couvert et qu’il à plu. Nous avons refait la route le
surlendemain, après une journée d’excursion bien sympathique à la « Koh Lanta » (de la boue jusqu’aux genoux) pour retourner sur Kunming en 7h15 cette fois-ci, avec un chauffeur bien
plus calme, à notre grand bonheur.
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