Vendredi 23 octobre 2009 5 23 /10 /2009 05:37

(Maj et Mario)
Nous sommes dans le train qui nous amène de Kunming, capitale du Yunnan, dans le sud ouest de la chine, à Xi’an ville historique du Nord Ouest. La Chine est assez éprouvante car nous conjuguons le fait de ne pas pouvoir prendre l’avion avec le programme ambitieux de visiter les quatre coins de cet immense pays. Nous enchainons donc les kilomètres et les nuits dans le train, passant parfois plus de temps dans les transports qu’à visiter les sites. A notre arrivée à Guilin, notre première étape après Canton, nous nous réveillons quatre minutes avant l’arrivé du train en gare. S’agissant d’un court arrêt sur cette ligne, nous nous retrouvons à sortir en pagaille de notre wagon, avec les sacs à dos ouverts sur une épaule, les chaussures défaites, et presque notre serviette de bain sur la tête ! Heureusement le train est resté à quai plus longtemps que prévu, ce qui nous à permis de revenir au compartiment chercher la moitié des affaires que nous avions oubliés ! Ce matin, nous devions arriver à Xi’an à 5h20. Bien décidés à ne pas reproduire notre réveil agressif de Guilin, nous mettons notre alarme à 4h45. Nous faisons notre toilette, rangeons nos affaires et nous sommes fin prêts à 5h10, mais dans un noir complet, un train filant à toute allure, et des ronflements plus forts les uns que les autres. Après avoir réalisés que le contrôleur n’était pas venu nous prévenir, que nous étions les seuls apprêtés voire réveillés, et surtout lorsque 5h20 passe et que nous nous arrêtons nulle part, nous comprenons que la durée du trajet était bien de trente sept heures comme nous le pensions à l’origine et non de onze heures comme on nous l’avait expliqué à l’achat du billet. En d’autres termes, nous arriverons bien à 5h20 mais vingt quatre heures plus tard ! Je passe l’heure d’après, à essayer de me rendormir, tout en espérant arriver à Xi’an à chaque ralentissement, et en essayant d’oublier les conséquences de ce retard non prévu (nuit réservée à l’hôtel inutilement, programme écourté de nos visites à Xi’an, et surtout, le plus important, « mais que va-t-on manger ?!).

Ces 24h s’avèrent finalement assez reposantes et nous permettent de repartir du bon pied pour attaquer la deuxième partie de notre voyage, la Chine Historique, celle des grandes villes, la Chine du Nord. Jusqu’à maintenant, nous avons visité le Sud, plus authentique, aux beaux paysages et aux villes à taille humaine (plus d’un million d’habitants tout de même).

Arrivés à Guilin, sous un crachin que même nos amis bretons n’auraient pas renié, après une halte à l’hôtel, histoire de nous rafraichir, nous partons en quête de la croisière qui nous ferait découvrir les beautés de la région. Forcément, il était trop tard, tous les bateaux étaient déjà partis, et nous voila désormais sous une bonne vraie pluie (avec nos ponchos) arpentant les bords du fleuve Li. Nous décidons tout de même de tenter notre chance, au hasard, auprès d’une agence tenue par une vielle mama chinoise, et là, nous parvenons à négocier un bateau rapide dans un chinglish approximatif. Après vingt minutes de trajet, nous arrivons à un embarcadère privé, probablement de la famille de notre mama. Notre embarcation est assez rudimentaire et notre chauffeur plutôt taciturne, mais nous sommes résolus. Sitôt partis, nous découvrons médusés le vrai visage de « Gran Torino », notre chauffeur, ainsi baptisé par nos soins, qui se révèle être un vrai fou du volant. C’est à toute vitesse et sous une pluie battante, que nous fonçons sur les grands bateaux de touristes, les évitant de justesse, au grand dam de ces derniers qui ne manquaient pas de klaxonner sur notre passage. Nous les dépassons tous et rattrapons même ceux du matin partis plus tôt, mais au final, hilares, nous nous réjouissons de notre choix qui ne manque ni de charme ni de piquant dans ces conditions.

Nous étions tout de même content de quitter la pluie pour retrouver enfin, non pas le soleil, mais un ciel couvert dans le Yunnan. Le Yunnan est la région de Chine où l’on rencontre le plus d’Ethnies minoritaires. En effet, 92% des chinois sont des «  Han », le reste de la population est constitué de minorités, 55 au total, comme par exemple, les « Hui » qui sont des « Han » devenus musulmans, les « Ouïgours », les « Hani », les « Yi » et les plus médiatisés, les Tibétains. Leur peau est souvent plus mate, et leurs yeux plus ronds ; ils ont également le sourire bien plus facile, et sont très traditionnels.  On distingue d’ailleurs, souvent, les minorités entre elles par leurs habits, par exemples très colorés pour les « Yi » et sombres pour les « Hani ».

Nous avons choisi de sortir un peu des sentiers battus de cette région très touristique en descendant en bus près de la frontière vietnamienne, afin de contempler une des plus belles régions de rizières de Chine, la région de Yuànyàng. Sept heures de bus tout de même pour s’y rendre, mais nous étions prêts ! Enfin, c’est ce que nous pensions… notre chauffeur, un autre excité du volant (c’est à se demander s’ils sont tous comme ça !), écrase toutes les trente secondes le klaxon, afin de doubler tout ce qui roule, si bien que le trajet est avalé en 6h route de montagne ou pas. C’est à peine si un seul véhicule aura pu nous doubler pendant toute la durée ce périple !! Ah oui, j’oubliais, les chinois crachent, nous le savions, mais pas dans un bus, non, eh bien si ! Nous avons eu droit à une cracheuse professionnelle, qui au grand bonheur de Mario, avait au moins pensé à garder la poubelle entre ses jambes à cet usage. Enfin, un bonheur de courte durée,  jusqu’à ce que notre chauffeur « speedy » freine d’un coup sec, et que la poubelle, remplie régulièrement depuis près 5h de trajet, ne valse par terre et vienne se renverser juste à notre hauteur. La scène était trois fois pire que ce que vous pouvez imaginer, ce qui nous a fait partir dans un énorme fou rire, même si nous étions vraiment écœurés. A Yuàngyàng, il n’y a eu ni lever ni coucher de soleil escomptés, puisque le ciel était couvert et qu’il à plu. Nous avons refait la route le surlendemain, après une journée d’excursion bien sympathique à la « Koh Lanta » (de la boue jusqu’aux genoux) pour retourner sur Kunming en 7h15 cette fois-ci, avec un chauffeur bien plus calme, à notre grand bonheur.

 

Par Maj&Mario
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Vendredi 23 octobre 2009 5 23 /10 /2009 05:20

(Mario)
Nous quittons à regret le Japon, et volons vers Hong Kong. Destination Chine. Arrivés à Hong Kong après un vol un peu éprouvant (pour Maj), c’est le choc. Changement d’ambiance, mais pas de climat ! De la pluie, encore de la pluie. Bon, de prime abord, les Hong Kongais n’ont pas l’air commodes, ni même sympas, en fait ils semblent être plutôt antipathiques, voire agressifs. Cette impression nous sera confirmée les jours suivants au travers de nos multiples rencontres (avec les locaux)  et par quelques expats. Bref, passons et partons à la découverte de la ville. A 10 min à peine du centre (gros buildings, néons et tout le tralala) il y a la plage. Super sympa, avec des postes à barbecue et tout et tout…La ville en elle-même est très surprenante. Il y a le moderne pas beau ( le jour) et le vieux encore moins beau ( de jour comme de nuit) La saleté fait aussi son entrée ( cafards dans la rue la nuit), et surtout les odeurs ! Ah oui, un pur bonheur ! Le ton est donné, à nouveau pays, nouvelles sensations, nouvelles senteurs et coutumes.

Sinon, la nuit, Hong Kong, c’est la fête (Maj est dans son élément)! Une débauche de musique, de boissons de néons, de jolies filles et d’expats en goguette. Un mélange hallucinant de monde, New York et Las Vegas, concentré de bruit, pour notre premier soir arrivant de Japon, nous sommes soufflés. Le jour, le dimanche pour être plus précis, c’est brunch et c’est cosy. Au menu, Dim Sum, yummi ! Eh bien là, c’est tout aussi hallucinant. Vous n’avez posé votre auguste postérieur sur le siège, qu’un ballet incessant de serveurs, de serveuses, vous harcèlent littéralement avec un florilège de plats, très appétissants, mais sans beaucoup d’explications, ou bien alors en chinois (en cantonnais dans le texte) et il vous faut refuser avec force ce que vous ne voulez pas. Mais rien n y fait, nous nous retrouvons quand même avec une demi douzaine de plats, et je n’en ai, pour ma part, choisi qu’un seul ! Les plats se révèlent délicieux, même si Maj découvre certaines saveurs qui l’interpellent un peu, pour ne pas dire la dérangent. L’addition, peu chère pour des vacanciers européens, nous fait exploser notre budget de globe trotteurs. Pas grave, c’est une super expérience et on s’est bien marré. Demain, direction la Chine continentale, en train et en ponchos !

Le passage de Shenzen (point de douane continentale) se fait tout simplement et, nous voici à Canton (Guangzhou) et là, comment dire, au milieu de près de 4 millions d’habitants, nous vivons un grand moment de solitude. L’anglais, personne ne le parle ou presque, les indications du guide ne sont si claires ni adaptées et il règne un joyeux bazar autour de nous à la gare. Nous devons impérativement prendre nos billets pour la prochaine destination (départ le soir même) mais cela semble plus compliqué que prévu. Il faut dire que nous recherchons une agence nationale de voyage indiquée par le guide, qui présente l’énorme avantage de parler anglais et semble coutumière des étrangers. Une heure après moult pérégrinations, le dos en miettes, nous décidons en désespoir de cause, de revenir nous adresser au guichet de la gare, sans beaucoup d’illusions. Et là, miracle, c’est en anglais et en vingt secondes, que nous repartons billets en poche. Si nous avions su! Seul problème, notre train part dans deux heures. Ce qui n’était déjà plus qu’une après midi à Canton (nous avons, comment dire, un peu tardé le matin au départ de Hong Kong) se résumait désormais à quelques heures. Nous comptions nous régaler de cuisine cantonaise, et découvrir la première mosquée de Chine, bâtie en 628 par l’oncle du prophète, et au lieu de ça, exsangues, nous finissons dans un KFC de la gare. Si, si, le chantre du poulet frit, made in America mais en version chinoise, mais la c’est une question de survie! Un ange passe, pour nous et même pour vous, enfin restaurés, nous embarquons dans notre train. En route pour Guilin, en train de nuit. Munis de nos sésames, nous découvrons les couchettes molles (des compartiments confortables, à quatre) Premier repas cantonais dans le train, et là, on se régale tous les deux ! Trop bon, et en plus, cela coute presque rien…Nous sommes tout contents, et pas peu fiers, le chinois se révèle plus compliqué que prévu, l’aventure commence vraiment.

Par Maj&Mario
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Lundi 12 octobre 2009 1 12 /10 /2009 02:42

Voila, le voyage au Japon est fini et nous sommes sur la route pour Hong Kong, pour commencer notre voyage en Chine, qui devrait être un peu moins « zen ». Nous sommes arrivés au Japon avec plusieurs images de ce pays, se demandant finalement ce qui dominerait dans l’atmosphère générale et comment ce pays arrivait à gérer ces aspects si différents de sa culture : lolitas excentriques, mangas, geishas, maisons traditionnelles, énormes buildings, thé, bains traditionnels et écrans géants. Et finalement, effectivement, le Japon que nous avons visité reflétait toutes ces facettes, sans que ca ne dérange, sans que ca ne dénote, témoignant d’une culture aussi riche que paradoxale.

Nous avons eu le Japon moderne et excentrique à Tokyo. Contrairement aux autres grandes villes modernes que nous connaissons, Tokyo n’est pas cosmopolite. En effet, la  politique d’immigration japonaise est très stricte, il n y a que 1,7%  population résidente qui est étrangère (contre 8% en France), dont 30 % sont coréens et 30% chinois. Kyoto, connue pour ses temples et sanctuaires,  est  bien plus calme et traditionnelle. Les temples sont des temples bouddhistes, le bouddhisme étant arrivé au  Japon au 7ème siècle après JC. Les sanctuaires quant à eux (par ex les photos avec les portes rouges font partie d’un sanctuaire)  représentent le shintoïsme, religion polythéiste des Japonais avant que le bouddhisme n’apparaisse, basée sur le respect de la nature. Aujourd’hui les Japonais sont un des rares peuples, pour statistiquement 80 % d’entre eux, à respecter 2 religions, le shintoïsme et le bouddhisme sans y trouver aucun paradoxe, le shintoïsme étant la religion des vivants et le bouddhisme de l’au delà. De Kyoto nous avons sillonné en allant à Hiroshima, extrêmement intéressante bien entendu par son triste passif historique, ainsi qu’à Takayama ou nous avons pu voir un Japon plus authentique, ancien et surtout nous avons pu admirer les beaux paysages de montagne sur la route.

La seule image que nous avions de fausse était celle des Japonais. Je vous avoue que nous avions une image d’un peuple bien éduqué, mais froid et austère voire hautain. C’est l’impression que nous ont laissé les touristes japonais de Paris ainsi que ceux de Bali. Je pense que ces touristes doivent faire partie d’un milieu privilégié pour se permettre de voyager, et surtout qu'ils ne sont pas à l’aise dans des pays étrangers au leur. Je le comprends. A côté d’eux, nous sommes de véritables «barbares ». Nous devrions tous prendre exemple sur les Japonais, ils sont merveilleux, vraiment. Nous avons discuté avec pas mal de touristes au Japon, américains, français et australiens, tout le monde était subjugué par leur gentillesse et surtout il y a une phrase qui revenait toujours chez tout le monde : « C’est un exemple à suivre  pour tous»

Pour vous illustrer quels sont les actes quotidiens des Japonais qui nous amène à avoir de tels propos : à Kyoto, le chauffeur su métro sort de sa cabine et attend, en regardant à gauche et à droite que personne ne veut prendre son métro, sinon même si vous n’arrivez pas en courant, il vous attend, vous dit bonjour et bienvenue, puis ferme les portes. Dans les restaurants, on vous dira toujours bonjour et bienvenue, et en partant au revoir et bonne journée, mais pas uniquement la personne qui vous accueille, tout le personnel crie ca en cœur lorsque quelqu’un rentre ou sort même les cuisiniers du fin fond de leur cuisine (ce qui d’ailleurs peut être fatiguant lorsque l’on déjeune pas loin) A table, le service est excellent du début à la fin alors que la culture du pourboire n’existe pas du tout au Japon. Dans la rue, lorsque nous demandions notre chemin, si la personne ne parlait pas anglais elle sortait avec nous nous l’indiquer avec des signes et un grand sourire. Quand Mario a acheté couteau japonais, la vendeuse nous a demandé avec un anglais approximatif mais beaucoup de volonté, si c’était notre premier séjour au Japon et si nous restions longtemps. Nous lui expliquons que nous faisons un tour du monde et son collègue, qui aiguisait des coureaux discrètement à côté d’elle, est subitement parti dans l’arrière boutique sans même que nous nous en rendions compte. Il est revenu avec un dictionnaire japonais français entre les mains, nous l’a ouvert à une page et nous a montré le mot « enviable » en nous faisant un grand sourire et en hochant la tête.

Les Japonais sont aussi très très soignés et rigoureux, extrêmement efficaces dans leur travail. On ne peut s’empêcher de regarder les yeux écarquillés lorsque l'on voit à quelle vitesse ils emballent les paquets ou manipulent les ordinateurs pour en sortir un billet de train. La dextérité et la rapidité dont ils font preuve doit sans aucun doute largement contribuer à la grande réussite  des entreprises nippones.

La réussite du Japon dans le domaine technologique est d’ailleurs largement perceptible au quotidien. Les sièges des trains comportent une pédale qui peut leur faire changer de sens, les restaurants modernes ont parfois des boutons de commandes à leur table, autre détail moins glamour : les toilettes, dont le rabat se lève parfois automatiquement lorsqu’on rentre, comportent un véritable ordinateur de bord (je vous passe les détails, mais c’est carrément une console avec environ 6 à 8 boutons, dont musique etc ) Dans les grands carrefours à Tokyo, il y a très souvent des grands écrans bien plus qu’à New York. Je me souviens qu’une fois, je suivais la foule en traversant un énorme passage piéton, et un grand écran diffusait une publicité pour une banque avec 4 japonais en costume chantant à tue tête « the locomotion » (oui ils ont aussi un bon gros côté kitch les japonais) mais avec cette musique à fond, les lumières partout et le monde excentrique qui nous entoure, on ne peut s’empêcher  de se sentir vivre à 200% alors qu’on ne fait rien de plus que de traverser une rue!

Le  monde contribue beaucoup à l’énergie dynamique que dégage Tokyo. Il y a 127 millions d’habitants au Japon pour une longueur de 1000 km2 (environ la France) et une largeur bien moins grande. A Tokyo, il y a 12,5 millions d’habitants. Si on rajoute toutes les villes de la banlieue de Tokyo telles que Yokohama (qui comporte à elle seule 3,5 millions d’habitants) ou Kawasaki (1 ,5 millions), Tokyo et sa région représente, avec plus de 30 millions d’habitants, la plus grande mégalopole au monde. A un passage piéton à Tokyo, il vous arrive de devoir vous arrêter bien avant, en suivant la foule sans même pouvoir apercevoir ce qui est à traverser ni même voir les feux. Pourtant, malgré tout cela, on ne sent presque jamais stressé, perdu ou agressé à Tokyo comme nous l’appréhendions avant notre départ, car les japonais autour de nous sont tellement doux et gentils que nous sommes loin de la tension que l’on peut ressentir dans certaines stations à Paris.

Les seules personnes qui peuvent effectivement paraitre froides voire antipathiques, sont les personnes d’un certain âge, à l’esprit traditionnel, qui semblent être dépassés par ce Japon moderne, et surtout réfractaires et impuissants face à ce Japon qui évolue, s’extériorise  et surtout qui perd peu à peu de ses belles valeurs d’autrefois. J’ai retrouvé d’ailleurs ici le décalage entre générations que l’on peut constater également en Angleterre, où des personnes d’un certain âge, conservateurs, polis et raffinés côtoient une jeunesse excentrique moderne et rebelle. Les Japonais de la nouvelle génération veulent rompre avec le passé colonialiste et avec la politique extérieure agressive du Japon d’autrefois. Un texte au musée de l’histoire d’Hiroshima confortait cette impression en clamant haut et fort que le Japon d’aujourd’hui était totalement différent du Japon d’avant, qu’ils voulaient voir devant eux et sortir de cette image militaire et dictatoriale qu’a véhiculé la politique étrangère japonaise tout au long de ce dernier siècle. Vu l’impression que le Japon laisse aux touristes aujourd’hui, nous ne pouvons que constater qu’ils mettent tout en œuvre pour changer cette image et que pour l’instant ils y parviennent plus que merveilleusement.

 

 

 

 

 

Par Maj&Mario
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Vendredi 9 octobre 2009 5 09 /10 /2009 04:02

Question surprise, nous avons été gâtés puisque nous avons eu droit à un Typhon!

Tout a commencé Mardi soir. Nous sommes à Kyoto, dans une maison traditionnelle japonaise, nous n’avons pas internet, pas de télé ni radio, nous ne pouvons pas communiquer avec les gens à l’extérieur, langue oblige, nous avons pour unique contact le téléphone fixe de notre hôte, Keiko, avec son numéro de téléphone en cas de soucis. Nous décidons donc Mardi soir que Mercredi nous irions visiter un village en montagne dans le centre du Japon, Takayama à Honshu. N’ayant pas prévenu notre hôte et étant donné qu’il est déjà 23h, nous décidons de ne l’appeler que le lendemain matin à 06h30, heure à laquelle elle serait déjà levée, pour la prévenir que nous ne prendrons pas le petit déjeuner.

Chose dite chose faite, le lendemain matin à 06h30 nous sommes prêts à aller prendre notre train et nous appelons donc Keiko pour la prévenir. Elle nous demande ou nous partons. Nous discutons beaucoup avec Keiko donc pour nous c’est tout à fait normal, jusqu'à ce qu’elle me dise, avec son accent japonais et toute la douceur dont elle fait toujours preuve « Hum do you know about Typhoon ? »Et la on se dit que les choses ne seront peut être pas aussi simples J Elle nous dit que si on va au nord, il ne devrait pas y avoir trop de risques car pour l’instant il était sur la région de Kyùshù dans le sud et qu’il n arriverait que le lendemain dans le nord. Bon okkk, euh « is it dangerous ? » A ça elle me répond qu il va y avoir beaucoup de pluie. Nous qu’il pleuve ou qu’il fasse beau, ce n’est vraiment pas important, le plus important est de savoir s’il faut prendre des mesures de sécurité par rapport à ça. Mais impossible d’en savoir plus. Nous décidons de suivre notre programme et advienne que pourra ! La journée se passe très bien, nous visitons ce village authentique, à 3h de train de Kyoto et rentrons en fin de journée vers 19h sur Kyoto.

Le temps se gâte, il commence à pleuvoir à torrent. On essaie d’avoir des renseignements sur la catégorie de ce typhon, mais entre ceux qui pensent que nous demandons où il y a un téléphone, ceux qui nous répondent « yes, yes » avec un grand sourire et ceux qui nous disent « yes , very dangerous », nous rentrons chez nous sans avoir vraiment eu plus d’informations, à part que nous comprenons que la le typhon commence, car même avec un parapluie (bon ok a deux pour faire des économies) nous sommes trempés des pieds à la tête, il pleut à torrent depuis 4 heures environ, nous n’arrivons plus à éviter les énormes flaques d’eau partout et le vent se lève. On s’endort néanmoins vers 23h en se disant que finalement, le typhon c’est bien plus de la pluie que du vent! Seulement à 01h30, nous sommes réveillés par d’énormes rafales de vent, extrêmement irrégulières, très courtes mais très  intenses. Nous sommes comme je le disais précédemment dans une petite maison traditionnelle japonaise, c'est-à-dire par le gros immeuble en béton du tout du tout (cf photo). Les portes et les fenêtres bougent énormément a chaque rafale, et surtout a chaque rafale, il y a ce bruit de béton qui s’effrite, venant du toit. C’est ce bruit qui me fait complètement paniquer, j’ai vraiment l’impression que si les rafales augmentent ne serait qu’un peu en puissance, il va arriver quelque chose au toit.

Bon la j’avoue c’est panique a bord. Je réalise que nous manquons terriblement d’informations sur ce typhon et sur l’attitude à adopter, que nous n’en sommes au qu’au début puisqu’il était censé rester sur la région la nuit voire le lendemain, et surtout que nous sommes complètement seuls ! Je décide d’appeler en panique Keiko pour savoir si nous sommes bien en sécurité dans cette maison ou si nous devons plus aller dans un immeuble de structure plus solide dans le quartier. L’électricité ne fonctionne plus bien et la lumière clignote. Il y a beaucoup de sirènes d’ambulance dehors et les rafales continuent. J’essaie d’être précise avec Keiko c'est-à-dire de mettre en perspective ce typhon par rapport à ceux qu’ils ont l’habitude d’avoir, pour savoir si cette maison a vécu bien pire et pour savoir surtout ce qui nous attends comme nuit, étant donné les circonstances dramatiques dans lesquelles nous étions déjà. J’ai du mal à obtenir ces informations d’elle mais elle me dit que ce typhon est un peu hors saison, et me dit de ne pas m’inquiéter pour la maison. Son ton zen me réconforte néanmoins, je me dis que ma peur est pour beaucoup dans le manque d’habitude d’affronter de type d’évènements, et surtout, surtout, l’intensité des rafales diminue, et comme par magie, les choses se calment.

Nous finissons par nous endormir une heure plus tard, et nous rigolons comme jamais le lendemain matin au petit déjeuner, Mario Keiko et moi en refaisant les scènes de la nuit, Mario me disant que je devrai rédiger un manuel du typhon selon Maj (paniquer complètement, s’habiller, sortir dans le quartier chercher un immeuble en pleines rafales de vent).

Nous apprenons également le lendemain que ce typhon, nommé Melor, était censé être un des pires que le Japon aie connu ces 10 dernières années, mais que heureusement il a perdu beaucoup de sa puissance à son arrivée près des côtes japonaises, ce qui l’a rabaissé de la catégorie 5 (la maximale) à la catégorie 2. Les autorités japonaises avaient distribué des sacs de sable pour protéger les maisons. Les trains ne fonctionnaient plus le lendemain, les écoles étaient fermées. Nous avons rencontré des gens que le vent n’a même pas réveillé, même sur Kyoto, alors que d’autres ont vécu la même chose que nous. En tout cas ce fut bien plus de peur que de mal, ce fut heureusement très court et un typhon ‘light’, mais ca nous a permis de réaliser ce que vivent les gens habitant des régions fréquemment touchées par ce type d’intempéries.

 

Par Maj&Mario
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Jeudi 8 octobre 2009 4 08 /10 /2009 03:35

Premier contact avec le Japon, ici le maître mot est l’organisation et c’est diablement efficace. La douane et les bagages sont expédiés en moins de temps qu’il n’en faut pour le dire, merci le Japon. Bon ensuite cela se complique un peu, c'est-à-dire que pour obtenir « le JR Pass », un pass pour circuler librement et de manière illimitée sur des trains rapides type TGV, eh bien nous sommes quelque uns à y avoir songé… donc bon, on fait la queue et on patiente.

Voilà, après  environ 40mn (toujours sympa après 11h de vol !), nos deux sésames enfin en poche, nous filons prendre notre train, direction Tokyo.

Ah ! Tokyo, ville lumière et technoïde, enfin pas tout à fait, euh en vérité c’est sous une pluie battante que nous arrivons, et l’orientation dans ces conditions se complique sérieusement. Mais nous faisons tout de même un essai, tels de vrais back-packers ! Sac-a-dos enfilés et armés de nos ponchos bleu vif, eh oui, le ridicule n’a encore jamais tué personne (même si là, je suis sur que nos amis japonais sont morts de rire en nous voyant passer car nous ressemblons fortement à des tortues schtroumpfs) nous partons à la recherche de notre hôtel. Aussi, nous abdiquons bien vite, la clémence des cieux se faisant désirer, nous optons pour un salutaire «Taxi au secours ! ». Sauvés, enfin presque, bah oui, encore faut-il enlever les fameux ponchos et le « bardas » et mettre le tout dans le coffre, juste le temps de finir trempés avant de s’enfoncer dans le taxi, ah, et j’oubliais, nous ne parlons pas le japonais, et le chauffeur pas l’anglais… mais bon les japonais sont hallucinants de gentillesse et de serviabilité, donc nous finissons par arriver à bon port.

Il faut lutter contre le décalage et ses effets soporifiques, il s’agit de notre premier jour de tour du monde tout de même ! Donc, nous décidons d’affronter vaillamment une fois de plus les éléments (avec nos ponchos, si, si…) mais sans les sacs à dos. Pourquoi n’empruntons nous pas de parapluies à l’hôtel ? Bah, quand on est fatigués est-ce que l’on pense a ces choses là ? Nous dirons que non.

Bon vu qu’il pleut et que nous avons l’estomac dans les talons, et la chambre n’étant pas disponible avant 14h, nous décidons d’essayer les restaurants des galeries marchandes, parait-il, assez réputés. Des restaurants, il y en a, et pleins même, et tous ou presque affichent un florilège de plats en vitrines, en plastique s’il vous plait ! kitchissimes au possible, mais ayant le mérite d’être explicites sur la nature du repas, et vu que le japonais dans le texte nous est assez obscur, cela tombe plutôt bien.

Reste à choisir, franchement c’est plus par curiosité que nous les passons tous en revue. Nous finissons par en choisir un au hasard et pour un premier contact nous nous régalons, enfin moi, parce-que Maj, eh bien disons que les nouilles cela va encore, mais le truc jaune censé être du poulet et qui n’a pas la consistance souhaitée ni un aspect très engageant, ce n’est pas vraiment son truc.

Alors là, repus, c’est le gros coup de fatigue et nous décidons de rentrer piquer un somme à l’hôtel. Deux heures de sieste qui se transforment en quatre, mais bon il n’est que 18h30 heure locale quand nous décidons de repartir à l’assaut de la ville.

Pour le temps, ce n’est toujours pas ça, mais là nous sommes réveillés et empruntons des parapluies à l’hôtel, cette fois-ci.

La vraie découverte peut enfin commencer. Je dois dire que nous ne sommes pas déçus, Tokyo se révèle extraordinaire, bouillonnante, foisonnante de monde et d’activité, nous explorons le quartier de Shinjuku (le quartier de notre hôtel) puis nous nous rendons dans le quartier de Shibuya, et là, « vive les néons et vive la foule », ce carrefour déjà mythique, celui où se croise une foule immense sur des passages piétons en biais, nous laisse sans voix !

La faim nous taraude à nouveau, non, nous ne pensons pas qu’à ça ! Il est près de 22h tout de même, et nous avons cherché, beaucoup cherché, il s’agit d’éviter le truc pas très engageant de l’après midi ! Enfin, et par hasard, nous rentrons dans un lieu qui se révèle être magique, pour nous. Un restaurant traditionnel, à l’ancienne, on y enlève ses chaussures et l’on s’y assied dans un espace  creusé à même le plancher. Le diner est un pur régal, pour nous deux cette fois! Quand nous sortons, je songe déjà à y retourner le lendemain, mais il y a tant de restaurants dans cette ville et ma petite femme me le rappelle gentiment.

La pluie s’est enfin arrêtée, et nous décidons d’en profiter pour rentrer à pied à l’hôtel. Une super balade, qui nous amène direct au lit. Nous nous couchons fatigués, émerveillés et tout excités en songeant à toutes les surprises et découvertes que le Japon nous réserve encore.

Par Maj&Mario
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