Mercredi 11 novembre 2009 3 11 /11 /2009 14:38

redige par Maj 

Sur le retour entre la Russie et la Chine, nous décidons, à mon initiative, de nous arrêter dans une réserve pour tigres de Sibérie. Ces tigres se différencient des tigres normaux par leur taille plus imposante et leur fourrure, plus épaisse, adaptée au froid. Ils se concentrent en Sibérie orientale, dans le nord est de la Chine et en Corée du Nord. Cette visite sera un paradis pour Mario, et un cauchemar pour moi! Mario dévore les tigres des yeux et prend une multitude de photos, moi j'ai l'impression d'être montée dans un mauvais manège qui, une fois démarré, est impossible à arrêter.

Nous sommes dans un minibus qui passe grillage après grillage et rentre de plus en plus profondément dans des carrières et nous sommes entourés de tigres en liberté partout! Il  y en a plus de cinquante. Certains sont à un mètre de nous et lorsque plusieurs se reposent au loin, par groupe de cinq ou six, notre chauffeur se fait un malin plaisir à s'incruster au milieu de leur cercle, à mon grand désespoir. Je réalise à quel point nous mettons notre vie entre les mains d'une simple et menue vitre ! Les tigres semblent néanmoins habitués et relativement indifférents à la présence des minibus et nous regardent d'un air las. Pendant ce temps, de notre côté, c'est l'agitation, voire la cirée. Dans le bus, les chinois s'excitent tous et sortent des billets en hurlant. Voyant que nous ne comprenons pas ce qu'il se passe l’un d’entre eux vient nous expliquer dans un anglais approximatif et à une voix à en perdre haleine, qu'ils cotisent pour acheter des poulets qu'on va  jeter vivants aux tigres pour les voir les dévorer. Ooh ben dis donc, c'est génial ça. Mario sort des billets et moi je me prépare à me boucher les oreilles et à fermer les yeux, comme devant un film d'horreur.

Nous comprenons alors que la star, ce n'est pas nous, c'est  la « voiture aux poulets » Alors lorsque cette voiture arrive, avant même que nous ne l'ayons vue, les tigres se lèvent tous. Ils courent alors de façon impressionnante sur cette voiture, la pourchassent quitte à monter dessus (toujours à un mètre de nous) Lorsque le chauffeur jette des poulets, ils bondissent dessus et le premier qui a la chance de l'attraper au vol (et de l'étrangler mais ça c'est un détail) s'en va en narguant les autres avec son festin entre les dents. Végétariens s'abstenir. Je me demande ce qu'a fait au bon dieu le chauffeur de la voiture aux poulets pour mériter un métier  pareil, à passer ses journées à être pourchassé par des tigres affamés. Ce n'est que sur le trajet du retour, dans le taxi, que je n'arrêterai pas de dire que c'était merveilleux, impressionnant, incroyable de voir ces animaux majestueux d'aussi près, sous le regard narquois et le sourire en coin de Mario qui savait pertinemment que j'étais la seule du bus à avoir passé pratiquement tout le trajet sous le siège à demander « ça y est, on a fini le circuit ou pas encore? »

Par Maj&Mario
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Mercredi 11 novembre 2009 3 11 /11 /2009 14:34

Rédigé par Maj

« Attention à vos affaires en Russie » « Si vous trouvez les chinois pas sympas, attendez d'arriver en Russie, vous n’avez rien vu »  « Réservez votre hôtel en Russie car non seulement ils ne parlent pas un mot d'anglais mais en plus ils ne feront rien pour vous aider » « Ne sortez pas le soir à Irkoutsk, ça peut être très dangereux le taux de criminalité et de délinquence est le plus élevé de Russie » Les voyageurs rencontrés au Japon en Chine et en Mongolie nous ont mis en garde. Nous hésitons à retirer la Russie de notre programme et appréhendons notre seule et unique journée dans une petite ville de Sibérie, Irkoutsk. Mais la curiosité l'emporte et nous voulons avoir un aperçu de la Russie, aussi timide soit-il.

Nous arrivons donc avec notre armure, le regard méfiant, le sourire bien caché au fond d'une poche, préparés à affronter non seulement le climat, mais surtout les Russes. Au premier étage de la gare, de grands canapés en cuir, des écrans plats, des lustres et de très beaux tapis nous donnent immédiatement une image d'une Russie plutôt luxueuse que pauvre. Un homme nous demande si on veut un taxi un marteau à la main. Non merci Monsieur. Nous allons voir le lac Baïkal, le lac le plus profond du monde, immense et majestueux, sous un grand ciel bleu et sur des routes enneigées. Le grand soleil, le clapotis des vagues et l'étendue d'eau à perte de vue nous donne l'impression d'être à la mer, mais la neige et la température glaciale nous rappelle gentiment que nous sommes bel et bien en Sibérie...

Question animation, il faudra par contre repasser plus tard car la petite ville « balnéaire » se résume à une dizaine de maisons, un office de tourisme fermé, aucun chemin de randonnée et un seul et unique restaurant désert. A une heure de là, à Irkoutsk où nous revenons pour dormir, l'atmosphère est bien plus éveillée. Dans les rues, de superbes femmes à la peau blanche et aux grands yeux bleus, de la fourrure et des talons aiguilles, de grands et beaux chapeaux russes, des hommes à la mâchoire carrée et au regard perçant. De petites épiceries en bois où il fait bien chaud et où on trouve du pain de seigle, du fromage et des biscuits à la cannelle. De la vodka, du caviar, des immeubles et des églises d’architecture slave aux couleurs vives. Dans le train, d'énormes forêts de sapins enneigés et de bouleau. Derrière le regard froid, des sourires, de la chaleur. Les Russes ont une carapace mais semblent remplis d'humour et de bienveillance qu’ils gardent secrètement bien au chaud. De jeunes américains étudiants en Russie, que nous avons rencontrés dans le train, nous préviennent qu’on ne demande pas son chemin dans la rue en Russie. Les gens se sentent agressés et vous demanderont de les laisser tranquille, traitement auquel nous aurons droit, mais heureusement qu’une seule fois. Une exception également à la réputation froide de la société russe : les babouchkas. L'espérance de vie en Russie étant , à cause principalement des problèmes d’alcool, que de 57 ans pour les hommes, les femmes finissent malheureusement souvent leur vie seule. Ces vielles femmes, que l'on surnomme donc babouchkas, sont, malgré leur apparence un peu rude, pleines de bonté, d'hospitalité, mitonnent de superbes plats et sont très respectées par la société.  Aussi, dans les magasins, on nous accueille froidement mais on finit par nous conseiller et nous dire un au revoir avec le sourire et parfois dans un timide français.

Voilà la Russie, un mélange de charisme, de romantisme, qui, à notre grande surprise, nous a donné envie d'y revenir.

 

Par Maj&Mario
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Mercredi 11 novembre 2009 3 11 /11 /2009 14:08
Redige par Mario 

En route pour la Mongolie, nous reviendrons plus tard en Chine pour y visiter le Nord Est, La Mandchourie et une ville du nom de Harbin, puis et surtout pour nous rendre au Tibet, périple que nous n’avons d’ailleurs pas encore pu organiser (les agences de voyages étant toutes fermées le Week End), mais pour l’heure, nous occupons une cabine à quatre et y sommes seuls ainsi que dans le wagon, le grand Luxe !

Nous nous sentons légers et heureux et retrouvons l'excitation de nos débuts, celle du voyage, celle de l’aventure. Nous ne savons pas vraiment à quoi nous attendre, si ce n’est qu’il fera froid, très froid même, dans les  -20°C à ce qu’on nous à dit...

Nous arrivons à Ulaan Baatar, capitale de la Mongolie, ou vivent plus d’un million d’habitants sur les 2,5 millions que comptent la Mongolie. A la descente du train nous sommes immédiatement accueillis et pris en charge par nos guides, un charmant couple dont le mari se prénomme Mejet  et la femme Bilegt, cela nous change et c’est bien agréable.

Nous allons déjeuner ensemble, (la cuisine Mongole pour le coup nous semble fameuse, même si nous admettons qu’à la longue on doit s’en lasser !). Attablés, nos guides nous informes que les conditions météo (avis de tempête de neige) ne sont pas idéales et favorables à la découverte du désert de Gobi, et nous conseillent un autre parcours. Nous nous rangeons prudemment à leur avis et optons pour la sécurité, le Gobi ce ne sera pas pour cette fois .

Ainsi, décidé nous partons sur le champ, juste le temps de faire quelque courses (et oui, nous serons amenés à cuisiner), à bord d’un gros 4x4 vert, Mejet au volant, qui sera à la fois notre chauffeur et notre guide.

Au sortir de la ville, après dix minutes à peine, nous nous retrouvons au beau milieu de nulle part... Ce qui frappe immédiatement, c’est l’impression d’espace, une immensité à perte de vue, sans âme qui vive et des paysages à couper le souffle. Nous repensons à l’ouest américain, mais ici c’est différent, pas d’autoroutes à quatre voies et pour ainsi dire pas de véhicules.

Nous assistons à un splendide coucher de soleil. Après environ deux heures de route et 40mn de piste, nous arrivons de nuit dans un campement. Notre guide négocie pour nous trois le dîner et la nuit dans une yourte traditionnelle.  Notre première nuit dans une yourte !! Tout plein d’excitation nous découvrons l’intérieur de cette habitation et apprécions d’y trouver un poêle central, le système de chauffage (avec pour combustible des bouses de vaches séchées, et oui il n’y pas d’arbres dans les steppes mongoliennes !). Notre guide nous explique combien il est facile de chauffer ces habitations, mais que le revers de la médaille et que l’âtre finit par s’éteindre faute d’être alimente et que là, la température chute très vite...  Ce que nous vérifions le lendemain matin.  A notre réveil, il règne dans la yourte un gentil moins quelque chose et nous hésitons à quitter la douce chaleur de nos sacs de couchage. Nous préférons attendre patiemment que notre guide rallume le poêle et que le thermomètre de la pièce revienne à une valeur plus clémente. Notre guide nous annonce alors « petit déjeuner » et  nous sort café, thé, pain, fromage et petits gâteaux, nous hallucinons... tout le confort d’un grand hôtel !

Frais et dispos, nous partons visiter le parc Hustai, ou nous apprenons la réintroduction des chevaux Taki, race qui s’est éteinte dans les années 70, ceux là même de l’époque de Genghis Khan et qui désormais sont libre comme alors d’aller à leur guise dans les steppes Mongoles. La nature est sublime et nous avons un temps magnifique. Maj et moi sommes émerveillés. Comment vous décrire la Mongolie, imaginez un pays deux à trois fois grand comme la France, avec 2,5 millions d’habitants et environ 40 millions d’animaux domestiques (moutons, chèvres, vaches, chevaux et Yacks) et plus encore de sauvages partout et presque libres. Ici nous avons vraiment le sentiment que l’homme est tout petit face à la nature.

Nous filons vers un campement de nomades, ou nous dinerons et passerons la nuit, nous sommes comme des gosses... un petit aperçu de la vie dans les steppes telle qu’elle se pratique encore (bien que ce mode de vie tende à disparaitre au profit de la sédentarisation à Ulaan Bataar). Le campement est constitué de deux yourtes,  nous découvrons un intérieur douillet, avec trois lits, un temple Boudhiste, le poêle centrale, une table basse et même une télé (alimentee par une batterie de voiture, elle-même rechargée par des panneaux solaires) et au dehors une antenne satellite, bref tout le confort comme à la maison. Ah oui, petit détail, les toilettes sont en options, autrement dit vive la nature ! On ne peut pas tout avoir...

Nous apprenons, qu’avant nous un couple de français a partage la vie de cette famille nomade pendant un mois et demi, et découvrons leurs photos pour  l’occasion. Cela nous laisse perplexes et quelque peu admiratifs (une sacrée expérience, ne parlant pas  la langue, l’ennui, un mois et demi sans douche...) Ensuite, nous assistons à la préparation du repas, ou la version mongole des spaghettis (succulents !) et  du mouton bouilli, nous dinons tous ensemble et nous regardons un peu la télé (bien que n’y comprenant rien) jusqu’à que la batterie soit vidée et puis extinction des feux. Notre hôtesse nous accompagne et nous installe avec une extrême gentillesse dans la yourte adjacente et se prête pour l’occasion volontiers à notre jeux de photos (notre hôtesse ayant eu la gentillesse de prêter un costume traditionnel à Maj). 

Le lendemain matin, je sors le premier et je découvre qu’il à neigé pendant la nuit, le paysage est magnifique. Nous prenons notre petit déjeuner et nous apprenons par notre guide que nos hôtes vont déménager aujourd’hui, le temps étant clément et la météo incertaine pour les jours suivants. Il nous propose de rester avec eux le temps du démontage de la yourte et de partir ensuite, nous nous empressons d’accepter, quelle chance !Je suis tout excité, et nous proposons notre aide,  et participons à la manœuvre, ou pour l’occasion, notre couple d’hôtes  se sont vus rejoints par le beau-frère et sa femme afin d’aider au démontage.  En moins d’1h30, la yourte est démontée et chargée sur un camion prête à partir sous d’autres cieux, IKEA n’a qu’à bien se tenir.

Nous quittons le campement direction la montagne (au passage nous visitons un temple bouddhiste bâti sur les ruines de la première capitale Mongole)  ou nous passerons notre dernière nuit et où je serais amené à cuisiner, après les spaghettis mongols, les pates italiennes ! Notre guide apprécie et nous nous régalons. Le lendemain c’est le départ, retour pour la ville, Ulaan Bataar. Il a de nouveau neigé et le mauvais temps annoncé semble nous avoir rejoint. La route est enneigée et les flocons tombent régulièrement, nous découvrons les paysages sous un jour nouveeau...  Notre guide nous explique que le risque avec les tempête de neige est la perte de visibilité et donc ne permet plus de se repérer, et se perdre dans ces conditions revient à mourir, car plus d’essence, plus de chauffage. La femme de notre chauffeur s’inquiétera d’ailleurs de notre situation (par téléphone) mais nous arriverons à bon port, sain et sauf (sinon comment pourriez vous nous lire !).

Nos guides nous accueillent chez eux et nous invitent à prendre une douche (ouah le bonheur !) et nous à diner, Majdou apprendra même à cuisiner la spécialité locale, les raviolis à la viande et aux oignons et cuits à la vapeur. Nous nous retrouvons dans le cocon de cette famille mongole, baignée de chaleur et d’amour, si bien que c’est à regret que nous devons les quitter, mais c’est avec le plein d’énergie que nous repartons vers notre prochaine destination, la Russie.

 

Par Maj&Mario
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Vendredi 6 novembre 2009 5 06 /11 /2009 05:39

(Par Maj, rédigé le 28 octobre)

Ca y est, le séjour en Chine est fini, en route pour une semaine en Mongolie et en Russie à bord du mythique transsibérien ! Nous vous cachons pas que nous sommes vraiment contents de quitter la Chine, qui je pense ne fera pas partie de nos pays préférés!

Les villes du nord comme Xi’an, Shanghai ou Pékin étaient complètement différentes de la Chine pauvre, rurale et authentique que nous avons vue dans la sud. Dans le nord, les gens sont beaucoup plus civilisés et aussi plus gentils à notre grand bonheur. Dans le sud, il nous est arrivé par exemple qu’on nous accueille à l’hôtel sans un sourire ni un bonjour, il est arrivé à Mario qu’on refuse de lui servir à manger dans le train d’un grand geste agressif de la main alors que tout le monde dinait, juste parce qu’on ne parlait pas chinois. Lors d’une excursion dans les rizières, le guide, au lieu de nous déposer à la fin à l’hôtel comme convenu, nous a jeté agressivement à une station de bus sans même nous expliquer pourquoi. Je vous avoue qu’il y a des moments ou on sature, et je comprends mon amie Meryem, installée en Chine depuis 2 ans et qui me dit qu’il lui tarde vraiment de rentrer en France, ou plutôt de quitter la Chine. Comme les chinois ne bousculent pas mais poussent violemment, j’ai même entendu une fois Mario se transformer en banlieusard de sarcelles et hurler à une  chinoise interloquée« Mais c’est quoi ton problème ? ?!» Lui qui fait toujours preuve de diplomatie ! Mais bon, les villes comme Pekin ou Shanghai traduisent très mal la Chine agressive et sale que nous avons pu voir ailleurs. Certains expats nous disent qu’ils finissent par devenir comme eux, à oublier toute forme de rapports sociaux civilisés. C’est une énorme différence de culture et il a été dur pour nous de l’accepter sans la juger, on l’avoue. 

Il  est extrêmement difficile de faire une synthèse sur la Chine après y avoir passé seulement 2 semaines, même si nous avons pu voir des facettes complètement différentes de ce pays. La Chine est très dure à cerner et pleine de paradoxes, que ce soit au niveau politique, social ou économique. Sous son étiquette communiste(les seuls autres partis ayant le droit de s’inscrire sont des filiales du PCC) les chinois sont plus capitalistes que les américains ! Le communisme en Chine n’est qu’une façon d’unifier et de stabiliser le pouvoir d’un pays aussi grand. La manière dictatoriale de gouverner est là pour éviter les  moindres soulèvements qui, avec une population de 1 milliard 300 000 habitants, pourraient avoir des conséquences désastreuses. Il y a donc paradoxalement dans tous les magasins de chinois pour qui vivre c’est faire des affaires, un portrait de Mao. Le parti rouge est omniprésent, mais son idéologie est complètement absente. Nous sommes loin de la révolution communiste des années 50 !  

Petit rappel historique : La Chine a connu des civilisations extrêmement anciennes, jusqu’à 7 à 8000 ans avant JC. Nous avons d’ailleurs visité les ruines d’un village vieux de 6000 ans. Se sont ensuite succédées différentes dynasties comme  les Qin, les Tang ou Les Ming, ainsi que de grandes vagues de colonisation ( les Mongols de 1200 à 1350 et les Mandchous de 1650 à 1910). Entre 1850 et 1950, la Chine, notamment les zones stratégiques comme Hong Kong Shanghai ou Taiwan,  a fait également l’objet de multiples incursions étrangères de la part du Japon, de la France, de l’Angleterre, de la Grande Bretagne ou encore des Etats Unis. Ce n’est qu’en 1949, avec la « révolution culturelle » et l’arrivée au pouvoir de Mao et du PCC que les étrangers ont enfin battu retraite. Nous avons d’ailleurs visité le quartier du Bund à Shanghai (photo à venir bientôt avec les immeubles d’architecture européenne dominés par des drapeaux chinois) où tous les immeubles appartenaient à de grandes banques étrangères et ont été expropriés par le PCC. Même Crédit Agricole y avait un immeuble et on y voit toujours écrit dessus Crédit Agricole en grand et en chinois, surplombé par un drapeau rouge qui rappelle que cette époque colonialiste est bel et bien révolue.  

En plus d’avoir éradiqué toute présence étrangère sur son territoire, le communisme a également, fidèle à son idéologie, détruit tous les sites religieux et interdit toute pratique spirituelle. Cela a été assez déroutant pour moi, venant d’un pays où la religion dicte  la loi, de la voir ailleurs comme totalement interdite par l’Etat. Cette époque de communisme extrême est bien entendu terminée, mais nous n’avons pas senti une grande ferveur religieuse de la part des chinois. Dispersés entre Confucianisme, Taoïsme, Bouddhisme, Islam et religion chrétienne, les chinois semblent avant tout croire en une seule et même religion : vouloir assurer l’avenir de leur famille et cela semble être leur but dans leur vie. Ils semblent même ne pas du tout se sentir opprimés par la politique sévère de leur gouvernement (comme par exemple la mise en place par Beijing du grand «pare-feu de la Chine», qui bloque l’accès à 10 %  des sites internet dont Facebook BBC News et Wikipédia) et sont loins d’avoir pour priorité de défendre leurs droits et de lutter pour un système politique plus démocratique.  

Si la politique de l’enfant unique en a dérangé plus d’un, l’Etat y a trouvé un moyen de réprimer un peu plus les minorités : dans les provinces où résident les minorités comme le Xinjiang, le Yunnan ou le Tibet, cette politique de l’enfant unique n’existe pas afin officiellement de sauvegarder et laisser perdurer les populations minoritaires. Officieusement, cela attire les populations Han dans ces régions afin de les rendre progressivement majoritaires. Les Han nous ont d’ailleurs à plusieurs reprises et dans différents endroits confié des propos durs sur les minorités prétextant qu’ils n’avaient pas de cerveau, étaient moins intelligents qu’eux, s’enfermaient trop dans leurs traditions et étaient totalement dépourvus du sens des affaires.  

Pourtant d’autres civilisations, datant de plus de 2 000 ans, ont suscité bien plus notre admiration et notre intérêt que celle des Han d’aujourd’hui. A Xi’an, nous avons pu voir l’armée des soldats enterrés. Lors de travaux en 1974, des ouvriers ont découvert plus de 6000 soldats en terre cuite grandeur nature, enterrés. Ils ont été construits par le premier empereur qui a unifié la Chine, il y a 2000 ans, Qin Shi Huang, Son tombeau étant à 1 km de ce site, la majorité des archéologues s’accordent à penser que ces soldats devaient le protéger des esprits vengeurs qui l’attendaient dans l’au-delà. Cet empereur est également à l’origine de la construction de l’incroyable grande Muraille de Chine longue de 6000 km (soit plus de 2 fois la distance entre le France et le Maroc) et censée protéger la Chine contre des invasions potentielles. La visite de cette muraille restera pour nous notre plus beau souvenir en Chine, mais aussi le plus original puisque nous l’avons visité en side car (originalité accentuée pour Mario qui lui a eu en plus droit à un chauffeur fan de Michael Jackson donc a découvert ces murs historiques avec Smooth Criminal a fond)
 
L’impression qui prédomine pour nous en Chine est que cet immense pays peut faire peur et on se demande quelles seraient les conséquences si cette énorme vague venait à déferler sur le reste du monde. Malgré de récentes et timides initiatives écologiques, sur les 20 villes les plus polluées au monde, 16 sont chinoises. Les chinois produisent 45 milliards de baguettes chaque année et consomment un tiers de l’acier produit sur la planète. Trois chinois sur quatre devraient dans un avenir proche avoir une voiture, soit près d’un milliard de véhicules. Les écarts entre zones rurales et urbaines se creusent et les émeutes en campagne  ne cessent d’augmenter. Pendant ce temps, on continue de construire  plus du double de gratte ciels à Shanghai qu’à New York, on est fiers de faire rouler des trains à plus de 420 km/h, et on modifie les nuages avec des machines à ensemencement. C’est aussi ça, la Chine.

 

Par Maj&Mario
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Vendredi 6 novembre 2009 5 06 /11 /2009 05:06
(Ecrit par Maj mais pensé aussi très fort par Mario)

* Lorsque tu as chaud, tu remontes ton T-shirt de façon hyper glamour en faisant un gros nœud au dessus de ton gros ventre

* T’es pas encore arrivé dans le train que tu manges déjà des pépites en jetant les épluchures par terre

* Pour toi, les feux rouge et verts c’est de la déco et lorsque tu vois un piéton, tu fonces à toute allure dessus en klaxonnant pour le prévenir que tu vas l’écraser

* Tu craches le matin, le midi, le soir, dans la rue dans un bus ou au resto, et tu es fier de tes trottoirs gluants

* Pour toi, sourire est une grimace

* Tu manges tout ce qui te tombe sous la main : serpents, rats, singes ou chiens

* Tu penses que la politesse, c’est pour les animaux et tu t’es juré de ne jamais jamais dire des choses comme bonjour merci au revoir ou pardon

* Lorsque tu vois une queue devant un guichet, tu penses aussi que c’est de la déco et tu essaies avec tes compatriotes de créer le plus gros tas possible en te collant juste à côté de la première personne

* Pour toi, manger c’est la fête alors toujours toujours la bouche grande ouverte, en essayant de faire plus de bruit que ton voisin

* Dans le métro, la règle d’or est de ne jamais laisser les gens descendre tant que toi, tu n’es pas encore monté.

* Pour toi, vivre c’est klaxonner

Par Maj&Mario
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