Jeudi 3 décembre 2009 4 03 /12 /2009 09:34


Rédigé par Maj          

               Frontière du Népal… Impressions d’Inde... Nous sommes tout contents, trouvons le bus qui part à priori à Barbarise, ville à 2 ou 3 heures de la frontière, où il faudra changer pour un autre bus qui lui devrait mettre 4 heures pour Katmandou. Nous changeons d’heure, donc ici au Népal il n’est que 8h30. Nous calculons, naïfs et occidentaux que nous sommes, que nous devrions donc être à Katmandou en début d’après midi, ce qui nous laissera le temps de prendre nos repères et de largement nous installer. Mais un belge à la tendance « soixante huitard hippie » et habitant depuis 6 mois en Inde nous dit avec un sourire en coin qu’avec les bus népalais, on pourra s’estimer heureux d’arriver à Katmandou avant la tombée de la nuit… Ce n’est pas grave, le chauffeur met une musique de pop indienne à fond et nous sommes avec des gens locaux, complètement dépaysés et cela nous suffit amplement.

En ce qui me concerne, le plus important est que la route vertigineuse de montagne est  derrière nous puisque ce n’est qu’en Chine que la route était en travaux, au Népal elle est finie depuis bien longtemps. Aussi l’altitude devrait diminuer assez rapidement puisque nous rentrerons progressivement dans la vallée de Katmandou, bien plus basse. Pour Mario, le plus important est tout simplement de quitter la Chine…. Nous gardons, encore et toujours, le sourire et la bonne humeur lorsque le bus est bloqué à peine un quart d’heure après être parti, dans un énorme embouteillage. Nous nous filmons et filmons le bus en rigolant et en faisant des coucous à la caméra. Je descends du bus pour voir comment est la route plus loin ainsi que pour filmer ce qui parait être de plus en plus authentique et dépaysant. Je réalise déjà alors que j’ai à peine la place de poser mon pied entre le bus et le ravin, et que je dois le poser de travers pour ne pas glisser. Nous restons bloqués  plus d’une heure et demie dans cet embouteillage. Je passe mon temps à descendre et remonter jusqu’à prendre conscience que mes aller retours deviennent impossibles, puisque le bus s’était complètement rempli et que je n’ai plus aucun passage. Nos sacs à dos eux, sont sous une montagne de sacs plastiques et de bidons, impossibles à accéder. Je propose à une mère toute serrée avec sa petite fille de prendre sa fille sur mes genoux. Aussitôt dit aussitôt fait, sauf que la petite est tellement bien sur mes genoux qu’elle finie par s’y endormir, s’étalant de plus en plus sur moi si bien que la je suis vraiment complètement immobilisée. Lorsque l’embouteillage se finit, grâce à la contribution d’un gendarme dépêché sur place en « urgence », l’atmosphère est un peu moins rigolote. Notre ami belge, qui lui faisait la route sur le toit, a depuis bien longtemps pris son sac à dos et décidé de faire une bonne partie de la route à pied (nous le rencontrerons plus tard et il aura marché près de trois heures), chose que je rêvais de faire mais et nous, et nos sacs à dos étions bloqués et nous étions également conscients qu’il était impossible de marcher jusque Barbarise. Le bus continu donc sa route, et, tout le long, des passagers continuent de monter sur le toit, dans le bus, sur nos sacs, sur les côtés. Le bus est complètement surchargé, ce qui est déjà une norme au Népal a été ici accentué par l’embouteillage, les passagers s’étant cumulé pendant presque deux heures dans un bus à l’arrêt. Or la route elle, est de pire en pire. Je réalise et j’apprendrai plus tard qu’ici, la route n’est pas en travaux mais c’est tout comme car il y ‘a énormément de glissements de terrains qui font que sur presque la moitié de la route, ce n’est pas du goudron mais de la piste avec des pierres, qui parfois viennent de tomber d’en haut. Les ravins eux sont de plus en plus profonds. Notre périple en bus devient progressivement un cauchemar et mon angoisse augmente au fur et à mesure que nous avançons, la situation s’empirant à chaque instant. Mario essaie de me rassurer en me disant que tout ira bien mais d’un côté, j’aperçois des népalais qui prennent le bus en photo avec leur téléphone en rigolant tellement, même pour eux qui y sont habitués, il est plein, et de l’autre, je pense aux phrases lues dans notre guide sur le Népal, dont les auteurs sont normalement assez peu regardants sur les questions de confort ou de sécurité: « La route au Népal est très dangereuse, en 10 jours au Népal, nous avons vu 10 accidents avec des bus tombant dans les ravins faisant plus de 200 morts. Evitez au maximum au Népal ce moyen de transport et surtout, évitez les bus locaux qui sont les pires » Le problème est que le trajet en voiture privée était trop cher, et que les touristes ici ne sont pas assez nombreux pour justifier la présence de bus touristiques relativement plus confortables mais surtout plus surs. Nous arrivons au stade ou le bus, qui est censé contenir peut être 25 personnes, en contient peut être 50 à l’intérieur, 30 sur le toit et une dizaine accrochés derrière et sur les côtés. Le bus penche complètement, du côté des ravins et à chaque pierre sur laquelle on roule il penche un peu plus, donnant l’impression de tomber. Une touriste canadienne rencontrée plus tard me confiera « moi je monte toujours sur les toits comme ca si le bus tombe dans un ravin j’ai le temps de sauter » Merci pour le conseil… 

Je ne supporte plus du tout et demande à Mario de descendre. A l’arrêt suivant, nous décidons d’affronter la foule, nous tirons nos sacs comme des fous, poussons tout le monde pour descendre, Mario me jette les sacs à dos dehors et 5 minutes plus tard, nous voilà dans un minuscule endroit autour de la seule et unique table du village, sirotant un coca, nous remettant de nos émotions et surtout nous demandant « maintenant on fait quoi ». Bon j’avoue moi j’étais plutôt soulagée mais Mario était plutôt énervé. Nous étions en pleine montagne, à deux bonnes heures de Barbarise et donc encore à 6 heures de Katmandou. Pour rien au monde je voulais re-rentrer dans un bus comme celui-ci, bien entendu pas du tout pour des conditions de confort mais pour des conditions de sécurité et j’étais prête à dépenser 100 euros pour faire la route qui restait dans un moyen de locomotion plus sur, compte tenu de la dangerosité de la route. Bon malheureusement, des moyens de locomotion, il n y en avait pas et les bus arrivaient tellement pleins que de toute façon, il était impossible de monter ailleurs que sur le toit. Nous marchons donc avec nos sacs à dos, pendant près de 3 quarts d’heure, et nous nous disons en marmonnant dans nos barbes que c’est aussi ça le tour du monde, parfois une bonne galère. Heureusement, nous tombons sur un Américain et une Taïwanaise que nous avions déjà rencontrée à l’Everest Base Camp, qui eux avaient pris un pick-up avec chauffeur pour faire la route. Nous montons, moyennant 20 euros (contre 60 centimes d’Euro pour le bus), à l’arrière du pick-up, entre des sacs et une moto, et nous ferons tout le reste de la route, soit environ 6 heures, comme ça. Le confort n’y est peut être pas, mais je suis vraiment soulagée, la route après Barbarise est magnifique et bien plus agréable, et le fait d’être au soleil et en plein air accentue encore plus le plaisir. Je prendrai tout de même presque 24 heures pour me remettre de ce qui aura été non seulement le pire moment de notre voyage jusque là, mais aussi la pire route de montagne que je n’aie jamais faite de ma vie !

Heureusement l’ambiance de Katmandou, et surtout celle de son quartier touristique de Thamel, nous aide bien à évacuer les tensions. Nous avons l’impression d’être dans une sorte de Marrakech indien, avec des patios et des terrasses cachées derrières des portes en fer forgé. La clientèle se partage entre trekkeurs passionnés de montagne et bobos hippies, si bien que les librairies à Katmandou possèdent autant de livres sur « Rencontrer Krishna en 10 leçons » que sur« Comment j’ai gravi les sept plus hauts sommets du monde » Nous aimons ce mélange, même si nous ne comprenons pas pourquoi, alors que d’autres touristes se baladent à la limite pieds nus avec un bandeau sur la tête, Mario se voit proposer de la drogue chaque 5 minutes !:) Mais ce que nous avons vraiment aimé à Katmandou, ce sont les petits déjeuners, nous avons à peine l’œil ouvert que nous avons déjà passé notre commande dans notre tête, entre œufs brouillés, pancakes, muffins, mueslis et croissants, le tout pour moins de 3 euros chacun, nous nous remettons vite des émotions de notre voyage et nous nous disons, la bouche à moitié pleine, que ca valait quand même le coup de venir à Katmandou. Je tire néanmoins 2 conclusions de ce périple : plus jamais un motif d’économie fera passer notre sécurité au second plan, et aussi, accessoirement, que les routes de montagne au Népal  ce n’est pas fait pour moi.

Nous appréhendons cependant la suite car nous savons que nous avons encore beaucoup de trajets à effectuer au Népal, que nous sommes qu’au début du voyage et surtout que s’il y a bien un pays qui est celui des montagnes, c’est bien le Népal, qui est en plein Himalaya et dont le relief est le plus haut du monde ! Certaines personnes m’ont parlé de routes horribles en Bolivie, mais je me préoccuperai de ça lorsque le temps sera venu, à chaque voyage suffit sa peine J ! Mais heureusement, nous ferons beaucoup beaucoup de voyages au Népal, en bus touristiques et en bus locaux, et nous serons très très loin de ce que nous aurons vécu en traversant la frontière. Les routes que nous emprunterons contourneront les montagnes plus qu’elles ne les traverseront, et le nombre de personnes dans et sur le bus ne dépasseront que rarement le double de sa capacité, à notre grand bonheur.
Par Maj&Mario
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Jeudi 3 décembre 2009 4 03 /12 /2009 09:19


Rédigé par Maj    

              Se réveiller le matin dans son sac de couchage, avec le nez gelé par une température avoisinant les – 10 degrés, c’est assez original en soi pour ne pas dire plutôt désagréable. Mais regarder par la fenêtre en soulevant la tête, et voir pour la première fois de sa vie, se découpant majestueusement dans un ciel dégagé, le sommet enneigé le plus haut du monde, l’Everest, en fait un des plus beaux réveils de ma vie ! Alors oui, si j’avais vu cette montagne de loin sans savoir que c’était la montagne la plus haute du monde, non je n’aurais pas été autant émerveillée et j’avoue que je me serais à peine attardé dessus, la regardant d’un air distrait. Mais là, le sommet était vraiment majestueux et surtout tellement proche et les faits sont la, c’est le sommet le plus haut du monde, c’est un mythe, et cela lui confère un charisme qui ne peut pas vous laisser indifférent. En le voyant, nous sommes déjà à 5200 donc bien entendu, le sommet ne semble pas si haut. De surcroit, il est plus éloigné que d’autres montagnes l’avoisinant donc il ne semble même pas plus le plus haut entouré de ses voisines ! Mais encore une fois, le savoir nous rappelle à l’ordre et met les choses en perspectives.

L’Everest mesure 8848 mètres, c'est-à-dire que l’Everest est pratiquement à la hauteur à laquelle vole un avion ! Il n y a pas d’alpinistes ici. Je demande à Adon par où ils passent et s’ils sont fréquents, il a du mal à répondre, compte tenu de son jeune âge je n’insiste pas et essaierai de trouver mes réponses ailleurs. Mes réponses, je les trouverai à Katmandou. Les librairies y regorgent de livres sur les montagnes, comme je n’en ai jamais vu ailleurs : l’Himalaya, les Annapurnas, l’Everest, les plus hauts sommets du monde, les témoignages d’expéditions etc.

 Avoir vu l’Everest a éveillé ma curiosité pour le  monde de l’alpinisme que je trouve fascinant par la folie et la grandeur de ses défis, et je me plonge totalement dans des lectures plus captivantes les unes que les autres.


En 1852, c’est dans un petit bureau d’études de Calcutta qu’un chercheur venant du Bengladesh a estimé que l’Everest, était le sommet le plus haut du monde. A ce moment, l’Everest  était un sommet parmi d’autres, les Indiens cédant évidemment à l’impression visuelle et trompeuse que d’autres sommets avoisinants étaient plus grands. Il se prénommait sommet numéro 15 et ce n’est que 13 ans plus tard que le gouverneur anglais de l’Inde à l’époque le nommera Everest, en hommage au gouverneur auquel il a succédé. Il décida ainsi d’ignorer le nom Tibétain « Chomolungma », qui signifie mère du monde et qui est encore utilisé par les tibétains aujourd’hui, ainsi que le nom népalais, qui signifie Dieu du ciel. Ce n’est donc qu’en 1865 que l’Everest est  officiellement né, tel qu’on le connait, montagne la plus haute du monde, mais il faudra 101 ans, 24 décès et les efforts de 15 expéditions pour que finalement, un homme de Nouvelle Zélande prénommé Edmund Hilary proclame, avec preuves à l’appui, qu’il avait atteint le sommet de l’Everest ( plus tard il gagnera le titre de Sir Edmund Hilary, la Nouvelle Zélande étant anglaise à l’époque) La situation politique des deux pays entourant l’Everest a largement compliqué ces ascensions et tentatives d’ascensions. En effet, l’Everest contient trois faces : la face nord est au Tibet et les faces sud est et  sud ouest (la plus difficile) au Népal. Or  lorsque l’Everest a été proclamé montagne la plus haute du monde, et le Népal et le Tibet étaient fermés aux étrangers. Ainsi, lorsque le gouvernement tibétain décida d’ouvrir ses frontières en 1921, malgré quelques timides tentatives illégales et en solo auparavant, plusieurs expéditions d’alpinistes frustrés par l’attente s’élancèrent à l’attaque de cet inaccessible défi. Les huit premières expéditions seront anglaises (d’ailleurs, même aujourd’hui, 80 à 90% des alpinistes de l’Everest sont Anglo-Saxons). A l’époque les connaissances sur le mal des montagnes, la concentration d’oxygène à cette altitude de 8000 mètres et la technicité que requiert l’ascension de ce glacier  était très limitée. Aussi le Népal étant fermé, les alpinistes passaient donc par Darjeeling, en Inde pour rentrer au Tibet et arriver en marchant à l’Everest, soit un trek de plus de 600 km pour arriver juste au pied de la montagne ! En 1924, Edward Norton, un membre de la troisième expédition britannique, devra déclarer forfait à cause de l’absence de visibilité et de la fatigue, juste à 300 mètres du sommet. Aussi en 1924, et juste quelques jours après l’exploit de Norton, George Leigh Mallory et son coéquipier Andrew Irvine quitteront le base camp le plus haut de l’Everest pour l’ascension du sommet le jour même, mais malheureusement ne reviendront jamais le soir. Le corps de Mallory sera découvert intact et gelé en 1999, soit 75 ans plus tard, et nul ne saura jamais s’ils auront atteint le sommet de l’Everest avant d’être avalés par la montagne, car malgré les recherches on ne retrouvera pas sa caméra.  Savoir si de Edmund Hilary ou de George Mallory lequel est le premier à avoir atteint le sommet  reste un mystère dans l’histoire de l’alpinisme mais compte tenu de l’absence de preuves, l’histoire ne retiendra que Edmund Hilary. Mallory reste très connu également pour une réponse qu’il aurait donnée à un journaliste américain lors d’une interview aux Etats Unis, avant le départ pour son expédition. A la question «  pourquoi voulez vous gravir l’Everest », Mallory a simplement répondu « Parce que c’est là »

En 1949, le Népal ouvre ses frontières et permet ainsi aux alpinistes d’aborder le sommet par les façades sud. Un an plus tard, la Chine, avec le début de sa révolution culturelle, ferme le Tibet. Le 29 mai  1953, enfin, faisant partie de la vaste troisième expédition (toujours britannique) abordant l’Everest depuis le Népal, Edmund Hilary, Néo Zélandais et son Sherpa Tenzing Norgay, atteignent enfin le sommet. Tenzing Norgay fait la fierté de toute sa région, celle de Darjeeling, qui possède aujourd’hui même une avenue à son nom et plusieurs statues à son effigie. Escalader l’Everest est la plus grande fierté possible pour les Sherpas. Les Sherpas sont une ethnie du Népal qui vit dans la région de l’Everest. Sans eux, les ascensions de l’Everest seraient impossibles. Venant de villages de plus de 3000 mètres,  ils sont totalement adaptés à l’altitude, à la montagne, et au froid. Ils  portent tout le matériel nécessaire ainsi que tous les bagages des alpinistes. Ils les précèdent, préparent le chemin (ce qui veut dire aussi à cette altitude prennent également le risque d’être les premiers en cas de crevasses), dégagent le sol de neige et préparent les campements avant l’arrivée des trekkeurs, chauffent les tentes et s’occupent de toute la cuisine. En effet, si les « base camps » étaient plus que rudimentaires voire inexistants à l’époque, on les trouve aujourd’hui à chaque dénivelé de 500 mètres à partir du base camp (environ 5 500 m) et ils font office de vrais refuges. Aux bases camps les plus bas, on trouve du feu, des ustensiles de cuisine, des ordinateurs, du matériel de communication et d’information météo via satellite, du matériel médical, des toilettes et même une douche et une librairie pour les plus élaborés ! Les bases camps les plus hauts eux sont bien entendu plus sommaires et se résument à un contact radio, des tentes et surtout des réserves d’oxygène (l’ascension se fait pour la plupart des alpinistes à partir du dernier camp de base avec assistance en oxygène).


Après 1953, cette réussite a donné du courage et apporté une dimension concrète à tous les alpinistes qui rêvaient de faire l’Everest, si bien que le nombre de tentatives et de réussites, toujours accompagnés de sherpas, ne cessera d’augmenter. En 1980, l’Everest aura été  escaladé via sa façade sud est, la plus facile, plus de 100 fois, et aura même été atteint pour la première fois sans apport d’oxygène en 1978. Pour éviter une surexposition au danger du a une trop grande accessibilité ainsi que pour sauvegarder l’environnement de la région que ces acensions détériorent progressivement, le gouvernement népalais augmentera le droit d’entrée. Il le passera de 1200 $ par équipe en 1991 à 10 000 $ en 1992.  Il essaiera aussi de limiter le nombre de participants à une expédition ainsi que le nombre d’expéditions par saison, mais la Chine, qui a depuis ouvert les frontières du Tibet, fait payer 15 000$ de droit d’entrée sans restrictions aucune sur le nombre de participants et d’expéditions. Le Népal s’adaptera donc. Mais le nombre d’expéditions et de participants continue d’augmenter, les alpinistes organisant des ascensions à but lucratif, commercial, proposant à quiconque ayant la volonté, la situation financière et la condition physique de faire l’Everest d’exaucer leurs rêves. En 1993, pour le 40ème anniversaire de la première ascension, le nombre d’alpinistes tentant la montée de l’Everest atteint le nombre de 294 et l’Everest aura en une seule journée été atteint par 40 alpinistes différents. Le Népal augmentera au fur et à mesure le prix du permis jusqu’à atteindre 70 000 $ pour une équipe de 7 personnes. Mais rien n’arrête l’attraction de l’Everest. Le base camp de l’Everest héritera du malheureux surnom de décharge la plus haute du monde, du aux déchets laissés par les alpinistes ainsi qu’à la très importante déforestation de la région pour répondre au besoin de chauffage des trekkeurs. Heureusement, beaucoup d’alpinistes conscients du problème mèneront des campagnes de sensibilisation tandis que d’autres se chargeront d’enlever plus de 5000 kg de déchets, ce qui a permis aujourd’hui d’amoindrir ce problème. Un système de dépôt de caution a également été mis en place par le gouvernement Népalais, rendu uniquement lorsque les alpinistes ramènent leurs déchets des « base camps ».

Mais le plus important est ailleurs car la banalisation n’empêche pas les risques lies à une telle ascension d’exister. En 1973, 4 trekkeurs japonais succombent du mal des montagnes. Dès lors, les recherches sur ce domaine s’intensifient jusqu’à ramener la probabilité d’avoir un mal des montagnes fatal de 1 sur 500 à l’époque à 1 sur 30 000 aujourd’hui. Si ce risque est heureusement relativement maîtrisé aujourd’hui celui des conditions climatiques est lui parfois bien plus difficile à anticiper. Au printemps 1996, alors qu’on ne compte pas moins de 30 expéditions  sur l’Everest dont plus de 10 à vocation commerciale, une tempête s’abat sur le sommet. Elle fera perdre toute visibilité aux alpinistes. Le 9 mai 1996, l’ascension du sommet vire au cauchemar et 9 des alpinistes et sherpas y perdront leur vie, ce qui en fera la plus grande tragédie de l’Everest. Parmi eux, 2 des grands alpinistes américains et surtout les plus grands organisateurs d’expéditions commerciales sur l’Everest, Scott Fisher et Rob Hall, guides de 2 des 3 expéditions  atteignant le sommet ce jour là. Egalement, une japonaise, Yasuko Namba, qui avait pour défi de monter les « 7 sommets » (sommets les plus hauts de chaque continent). Ce défi est assez fréquent chez les alpinistes qui ne cessent d’en inventer des nouveaux. Aussi, lorsque le premier homme, un américain en 1985, a monté les sommets les plus hauts de chaque continent, un alpiniste  canadien s’est empressé de dire que son défi n’était pas relevé car le sommet qu’il avait considéré être le plus haut de l’Océanie n’était pas le Kosciusko, en Australie mais le bien plus difficile « Carstensz Pyramid » en Indonésie. D’autres comme en l’occurrence Rob Hall et son coéquipier  Gary Ball décident de faire ces sept sommets mais de relever la barre à le faire en sept mois, ce qu’ils parviendront à faire. Yasuko Namba avait aussi réussi  à monter les 6 sommets et avait atteint le 7ème, l’Everest, ce jour là, avant malheureusement de décéder. Jon Krakaeur, journaliste accompagnant l’expédition et survivant de cette tragédie, en a rédigé un livre extrêmement intéressant, « Into Thin Air » Cette tragédie a permis de rappeler à l’ordre tous ces alpinistes fous, mais l’Everest, partagé entre banalisation, commercialisation et fascination, attire encore et toujours des cadres avides d’aventure extrême ou des alpinistes solitaires prêts à relever tous les défis.

L’Everest a fait aujourd’hui plus de 200 victimes. Plus de 14 000 personnes ont essayé de la gravir et 4 000 personnes y sont parvenues (dont malheureusement uniquement 187 femmes). Escalader         l’Everest en joignant une expédition commerciale coûte aujourd’hui entre 30 000 euros et 70 000 euros par personne.

Par Maj&Mario
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Dimanche 29 novembre 2009 7 29 /11 /2009 11:10


Rédigé par Mario 

Le Tibet ce fut avant tout une rencontre, celle de notre guide, un jeune homme, de vingt ans à peine, entre modernité et tradition, qui allait nous faire découvrir le Tibet, son Tibet…

Etre guide au Tibet, c’est donc avant tout avoir un look improbable, des cheveux coiffés en épis, une paire Ray Ban aviateur flambant neuve, des baskets aux pieds, deux pulls enfilés l’un sur l’autre, bref, un look d’Ados plus que de Guide. C’est ainsi que nous avons rencontré Adon, notre guide, un jeune Tibétain d’aujourd’hui.

Affable et pas timide pour deux sous, le contact s’établit très vite entre nous, il parle, beaucoup, un vraiment moulin à paroles, bourré d’expression clichées, glanées dans les jeux vidéo et les films hollywoodiens (« hey dude »).

Il n’a pas vraiment l’air Tibétain - ni même l’air d’un Guide pour tout dire – mais il connait pleins de choses, nous raconte la religion bouddhiste comme il l’a apprise et comprise, et nous expliquent aussi les nouveautés des jeux vidéo en lignes et le son Hip Hop qu’il adore. Pour la culture bouddhiste, nous on essaye de suivre, mais ce n’est pas facile, tous les différents noms et les différentes représentations des divinités bouddhiste se mélanges, c’est un peu du chinois pour nous.  Il nous répond sur tout, pas de langues de bois, pas non plus de gènes sur les points politiques ou de la vie au quotidien avec les Chinois.

Le ton est donné, ce jeune homme à la langue bien pendue, vas nous conduire pendant sept jours, dans son pays et à travers les plus hauts sommets et les arcanes d’un Tibet en pleine mutation.
Nous apprendrons tout ou presque de la vie ce jeune homme, de sa relation à l’occupant, de sa vie au Tibet, de son travail, de sa conception de la vie, et même de sa petite copine (très jolie d’ailleurs !) et ainsi nous viendrons à connaître un Tibet un peu différent de l’image de papier glacé, un Tibet très humain, forcer d’évoluer entre tradition et modernité et de s’accommoder de l’occupation chinoise.

Adon, vient de la région de Haba, région qui à fait parler d’elle à l’occasion des jeux Olympiques, en une protestation pacifiste. Il en est même très fier et le revendique haut et fort ! Nous apprenons aussi que la conséquence immédiate de ces évènements à été la confiscation pure et simple des passeports de l’ensemble des Tibétains âgés de moins de 60ans. Les tibétains n’ont donc aujourd’hui plus droit à un passeport et ne peuvent légalement quitter le pays. Cette prise d’otages est scandaleuse et nous révoltes.


Nous apprenons également qu’eut égard à l’importante présence militaire (un peu partout nous voyons des gardes et des patrouilles), la vie quotidienne sans trouve également affectés, une querelle de voisin, un différents quelconque pour peu qu’il oppose un tibétain et un chinois tourne le plus souvent en provocation de la part des chinois, et donne lieu à un déni de droits des tibétains qui n’insistent pas pour ne pas risquer de voir la police militaire débarquer et transformer ce simple incident en élément politique. Le Tibet et ses habitants sont traités à l’égal d’une minorité et les Hun ethnie majoritaire chinoise ne se privent pas pour dénigrer les minorités et les Tibétains de ce fait.


Nous découvrons que l’origine de la présence chinoise est due au richesse naturelle du Tibet, les montagnes sont riches de minerais, Nickel, Cuivre, Argent et Or, de plus  les ressources fluviales (en provenance des glaciers) et l’électricité qui en découle (générées par les barrages) n’est pas non plus négligeable. Nous comprenons que cette occupation aux motifs économiques n’est pas prête de finir.

Les chinois peuvent acheter (dans le domaine privé) une montagne pour environ 10000 dollars et suivant leurs chances, l’exploitation minière à leur frais les rendra riche !

Comment un gamin de vingt ans a-t-il eut l’idée d’apprendre et le chinois et l’anglais, il semble que son grand frères ait eu une grande influence en ce sens et au final, cela lui permet d’évoluer avec les autorités chinoises aussi bien qu’avec  les touristes (mais de son propre aveu sa préférence va nettement aux touristes et étrangers de surcroit – « pas de chinois par pitié ! »).  Un peu voyous sur les bords, malin comme un singe et gouailleur, avec une personnalité parfois aux accents enfantins, il est au final très attachant,  et se révélera un excellent guide.


Les faits historiques, et les dates anciennes, culturelles et politiques ne sont pas trop sont fort, en revanche, il est incollable sur la religion et bourrée d’anecdotes sur les événements plus ou moins récents et la vie quotidienne en générale, il nous raconte volontiers tous ce qu’il sait.

Il nous explique ainsi, qu’au Tibet, il n’existe pas de sépultures à l’occidentale (mise en terre), ici il y l’enterrement du Ciel, celui du Feu ou celui de l’Eau. Dans la tradition bouddhiste, ce sont les Lama qui déterminent suivant les actes et la vie menée du défunt le type de sépulture.  Celui du Ciel est traditionnellement réservé aux bonnes personnes et celui de l’Eau au plus mauvaises, majoritairement aujourd’hui c’est celui du Feu qui est pratiqué. En quoi cela consiste-t-il, le Feu, c’est la crémation vous l’aviez devinez, mais le Ciel et l’Eau sont assez particulier… pour l’un et l’autre, le corps considérée par les bouddhiste comme une simple enveloppe charnelle et découpée en morceaux et données en pâtures aux oiseaux pour l’une et aux poissons pour l’autre. Il est dit que plus la personne a été bonne est plus vite le corps est dévorés (dans le cas contraire, la personne n’était pas bonne au sens propre comme figuré !).
De la même façon, il nous explique le remplacement par les autorités chinoises du seul « Haut Lama » restant sur le territoire Tibétains /Chinois, le « Pension Lama », les deux autres ayant fuit le Tibet et  étant actuellement en exil en Inde.

Entre  deux explications, le bonhomme nous expliquent sont gout immodéré pour la sieste, goûts que nous aurons l’occasion de vérifier et à de multiples reprises, nous donnant par exemple rendez-vous le matin et arrivant en retard (panne d’oreiller, et tout essoufflé et confus d’excuses) ou bien piquant du nez pendant les trajets en voiture au grand désarroi du chauffeur, incrédule et qui ne pouvait s’empêcher de le regarder du coin de l’œil (ce qui nous rendait franchement hilare).


Plein d’attentions gentilles, il nous a notamment aidés à faire nos couchages au camp de base de l’Everest. Parfois insolent et moqueur, lorsqu’il évoque les religions chrétiennes et musulmanes devant nous sans trop se préoccuper de nos croyances (mais sans méchancetés aucunes) et quelque fois complètement immature voir au-delà des limites, lorsqu’il se moque de nos appréhensions face à la route qui mène à la frontière.

Au final pourtant, nous aurons du mal à quitter ce petit gars, et à travers lui le Tibet que nous avons découvert...

 

 

Par Maj&Mario
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Dimanche 29 novembre 2009 7 29 /11 /2009 10:45


Rédigé par Mario

       Enfin le Tibet ! Cette destination me tenait à cœur et malgré le budget qu’elle requiert (une semaine représente environ un mois en Chine) la curiosité l’emporte largement sur les considérations pécuniaires, aussi après les émotions de la Mongolie, nous attendions beaucoup du Tibet. 

Nous nous rendons au Tibet, une fois encore en train, à bord du désormais mythique Pékin-Lhassa, train le plus haut de monde.
 
A la Gare,  nous faisons la connaissance d’un couple hollandais étonnant, un jeune homme de 25 ans accompagné de sa maman qui vont comme nous au Tibet, mais sans passer la frontière Népalaise. Nous les retrouverons à bord et apprendrons que le jeune homme travaillait en fait dans une agence de tourisme en Mongolie ! Coïncidence extraordinaire qui nous donnera l’occasion d’échanger nos impressions sur ce fabuleux pays et de jouer aux cartes, bref de tuer le temps de manière agréable dans le train.
A bord, l’ambiance est un peu différente de ce que nous espérions et la première nuit un peu difficile, malgré la rencontre d’un jeune Israélien très sympas, avec lequel nous aurons pas mal discuté. Le lendemain notre compartiment se vide et à nouveaux seuls nous retrouvons nos petites habitudes (nous sommes désormais rompus aux voyages en trains avec  plus de 200h !).
 
Techniquement notre premier jour au Tibet c’est un peu dans le train que nous le passons (sur les deux jours et deux nuits que dure le trajet qui nous mène à Lhassa, plus de la moitié est en Chine). Un officier chinois se présente le matin tôt dans notre compartiment afin de nous faire remplir et signer une décharge, car nous allons passer à plus de 5000 mètres d’altitude (le point le plus haut étant à 5200m), et dans tous les wagons de l’oxygène est diffusé afin de compenser le manque dû à l’altitude. Nous passons devant des montagnes enneigées et découvrons un immense lac, on à du mal à réaliser que nous sommes si haut.

Nous arrivons à Lhassa vers 16h, alors que nous pensions l’arrivée bien plus tardive, décidément les horaires de trains en Chine, nous ne nous y faisons pas. A la descente du train à la gare de Lhassa, personne, cela commence bien !

Nous nous demandons si nous ne nous sommes pas fait avoir par « l’agence » à Pekin. Etait-il bien raisonnable de payer en espèce l’intégralité du séjour au Tibet, sans autres reçu ou documents que la carte de visite de l’agence avec inscrit au dos de celle-ci et à la main, les prénoms du guide et du chauffeur ainsi que leur numéro de téléphone respectifs ?
Cinq bonnes minutes passent et voilà un petit bonhomme à la tignasse hirsute, une paire Ray Ban aviateur vissée sur le nez, flanqué d’un pantalon de survêtement et des Converses aux pieds, qui s’avance vers nous avec un panneau portant « Mario Thomas ». Bon me voilà rebaptisé, mais au moins pas de doutes, ce petit bonhomme c’est pour nous ! Soulagement ou presque, il nous gratifie d’un sourire enjôleur et dans un anglais aux accents hollywoodiens, nous lance  un « sorry, I am late, this way please, how was your trip ? » (Désolé, je suis en retard, par ici, comment était votre voyage ?).

Nous  le suivons jusqu’à un 4x4, dans lequel nous embarquons avec armes et bagages, et une fois installés tout deux à l’arrière du véhicule, je lui demande en anglais, moi c’est Mario et voici ma femme « Lina » (c’est fou personne ne parvient à prononcer Maj ou Majdouline, si bien que Lina est devenu le diminutif d’usage pour les présentations) et vous vous êtes ? Confus, il s’excuse une nouvelle fois et nous répond alors qu’il est notre guide, et qu’il s’appelle Adon, avant d’enchainer sur un ton jovial sur les banalités d’usages, première fois au Tibet  etc.   Notre premier contact avec le Tibet ! Sur le trajet qui nous mène à notre hôtel, nous lui demandons s’il est Tibétain (en effet, il n’a pas vraiment l’air Tibétain - ni même l’air d’un Guide pour  tout dire – or les guides chinois ne connaissent pas grand chose à l’histoire et aux pratiques religieuses tibétaines) il nous répond alors sans ambages, qu’il est Tibétain, Maj lui demande alors de quelle partie du Tibet (Un peu sceptique) et là il nous informe, très fier,  qu’il est de la région de Haba, celle là même qui s’est soulevé il y peu à l’occasion des jeux Olympiques en Chine, et de poursuivre sur le thème Chinois-Tibet sans la moindre langue de bois et ou considération pour le chauffeur qui soit dit en passant se trouve être chinois !


La Gare est flambant neuve, grande, voire immense et un peu au milieu de nulle part. En vérité on à du mal à réaliser ou nous nous trouvons. L’air est si pur et le ciel d’un bleu céruléen qui contraste avec les montagnes de roches avoisinantes, et  pas ou peu d’habitations. Nous partons pour le centre ville de Lhassa et notre hôtel. Très objectivement nous n’aurions pas reconnu l’entrée de notre hôtel si notre guide ne nous avait déposés devant. Ici rien ne ressemble à ce qu’il est vraiment. Mais bon la chambre est correcte. Après quelques heures passées à cette altitude (nous sommes 3600 mètres d’altitude tout de même) je ressens quelques maux de têtes, signes avant-coureurs de la nécessaire acclimatation à l’altitude. Ce sera resto et puis dodo, et pas de visite nocturne de la ville.


Le 2ème jour à Lhassa, après une nuit agitée (toujours l’altitude), nous nous sentons bien mieux (moi surtout), et nous partons visiter la ville. Le point central étant bien entendu, Le Palais du Potala (siège et demeure des Dalai Lama, jusqu’en 1959 avec l’entrée des troupes d’occupation Chinoise), mais aussi le temple Johkhang (premier temple du Tibet avant même le Potala) ainsi que les rues commerçantes typiques avoisinantes (Barkhor).


La ville en elle-même n’est pas très grande ni très étendue, les habitations et immeubles sont petits, deux ou trois étages maximum, il y a peu de circulation, et l’on s’y sent bien tout de suite. Nous sommes au Tibet et pas en Chine, cette ville n’a rien de commun avec les villes chinoises que nous avons pu visiter jusqu’à présent. Notre hôtel est situé à 5mn à pied du palais du Potala, nous sommes impressionnés, voire intimidés, le palais domine la ville sur les hauteurs de la montagne adjacente, tel une citadelle, blanche et ocre. Nous apprenons,  que la visite ne devra pas excéder une heure et que la plus grande partie du palais est interdite aux visiteurs, seules quelques pièces nous serons visibles, à nous, comme aux pèlerins croyants Tibétains, qui se pressent à l’entrée.

La présence des pèlerins ajoute à la majesté des lieux, nous découvrons un peu des habitations des Lama, leur pièce à méditation, prières et chants, ainsi que les Stuppas des Lamas passés, tous couvert d’or, d’argent et de pierres précieuses (un Stuppa est une sépulture /sorte d’urne funéraire, sans corps, nous reviendrons sur ce point un peu plus tard, et contenant les reliques des anciens Lamas une fois décédés).  Jadis demeure du Dalai Lama et des moines, le palais du Potala tient  désormais plus d’un musée, les moines n’y vivent plus et aucun Grand Lama n’y siège. Mais cela ne diminue en rien la ferveur des croyants qui se présentent par centaines chaque jour, le plus souvent issus de classe pauvres et agricoles, venant des quatre coins du Tibet, un peu comme les pèlerins a Rome ou à la Mecque, afin de se recueillir, afin d’y prier et y déposer leurs offrandes, billets d’argent et surtout beurre de Yak (sachets jaunes sur les photos).

Nous apprenons aussi, que dans la religion bouddhiste, le corps n’est qu’une enveloppe charnelle, et que l’esprit est immortel, et voué à se réincarner sous diverses formes suivant la vie passée menée, et ce jusqu’à atteindre « l’illumination », c'est-à-dire pour simplifier la sagesse suprême. Alors seulement ils sortiront du cycle des réincarnations, et pourront rejoindre l’être suprême et deviendront à son image des divinités ou des saints, faisant l’objet de vénération. C’est ainsi que les moines s’engagent dans la voie bouddhiste en quête de l’illumination et que les  «Lamas » constituent le degré supérieur dans l’ordre monacal bouddhiste tibétain, signe qu’ils ont atteint un degré de sagesse supérieur. Il existe au sein des Lamas trois hauts degrés, les « Grands Lamas » ainsi appelés, sont les guides de tous les Lamas, les moines et bouddhistes. Le plus haut degré, le premier, le « Dalai Lama », qui dans la tradition ésotérique comme la tradition bouddhistes tibétaine représente le Soleil, puis il y a le « Pension Lama », qui lui représente la Lune et enfin le troisième dont le nom est un peu plus compliqué et que je n’ai donc pas su retenir, qui représente les Etoiles. A ce jour, un seul Grand Lama vit encore au Tibet, le « Pension Lama » (les deux autres, le Dalai Lama et le dernier, vivent tous deux en Inde), et celui-ci fait polémique, car loin d’avoir été « trouvé /reconnus » par les Lamas bouddhistes tibétains, c’est le gouvernement chinois qui l’a imposé en lieu et place de celui désigné par les Lamas (on ignore ce qu’il est advenus du véritable « Pension Lama »).


Au sortir du Palais du Potala, j’éprouve un peu d’amertume devant le cynisme des autorités chinoises qui facilitent les visites et annoncent fièrement ce lieu comme un patrimoine culturel, qu’ils ont pourtant contribué à vider de sa substance. Pauvres croyants et pèlerins qui se pressent devant l’entrée de ce qui fut est n’est déjà plus (et doivent tout de même s‘acquitter d’un droit d’entrée, pour le bien de l’état Chinois !). Histoire de chasser l’amertume notre guide nous invite à déguster la spécialité locale, le Yaourt frais tibétain, et c’est rudement bon !


Le temple Johkhang à quelques minutes à pied lui aussi de notre hôtel, mais à l’opposé du Potala est lui aussi très impressionnant. Nous découvrons des pèlerins qui s’agenouillent et se couchent sur le sol face au temple, en récitant des prières. L’entrée est ici libre, il y a foule et à l’intérieur nous découvrons  dans une mi-pénombre, les odeurs d’encens et la ferveur des croyants. Nous en ressortons, moi surtout, très marqués par cette visite, il est midi tout juste, l’heure du déjeuner, et l’occasion de s’essayer au fameux Thé au beurre de Yak, enfin moi, parce que Maj elle préfère un thé aux fleurs. Bon, le Thé au beurre de Yak, ce n’est pas mauvais mais ce n’est pas non plus ce que j’aurais bu de mieux !!


Notre jeune guide nous informe alors que c’est fini pour aujourd’hui sauf si nous souhaitons nous rendre dans un autre temple a quelque vingt minutes en voiture de Lhassa, plutôt que de rester à flâner dans Lhassa, nous acceptons et nous voilà partis.


En route nous apprenons que la particularité de ce temple est d’offrir la possibilité aux visiteurs d’assister à une part importante de la vie monacale bouddhiste, le matin les moines suivent l’enseignement de leur maître et l’après midi, ils ont la possibilité de revenir sur les questions abordées ainsi que d’autres points demeurés obscures. Cette consultation s’effectue sous forme de joutes verbales, opposant un questionneur à un ou plusieurs moines devant leur répondre. Une fois la question posée, et pour signifier la fin de la question le questionneur frappe dans ses mains (selon l’âge et l’expérience avec plus ou moins d’énergie) ce qui confère une aura unique à l’ensemble de l’exercice. Nous sommes totalement captivés, Maj et moi, devant la scène et le manège des questions tour à tour taquins, mais aussi parfois avec quelques dérapages d’humeurs.


Le 3ème jour nous partons pour la ville de Shigatse, en passant par le Lac Yumsto et pour ce faire nous dépasserons deux cols à plus de 5000 mètres !  La vue est époustouflante, le lac est hallucinant de beauté. Nous nous arrêtons pour profiter de la vue et devons grimper dix mètres, à bout de souffle nous arrivons en haut de la pente (à cette altitude chaque geste devient pénible) mais nous récupérons très rapidement.

 Le 4ème jour, c’est la visite du monastère Tashilhunpo à Shigatse. Notre guide nous abandonne pour aller faire les permis de visite de l’Everest, et nous invite à visiter seuls le monastère. Nous suivons la foule des pèlerins, et ceux-ci bien que ne parlant pas anglais, nous indiquent le chemin, pleins de gentillesse. Au détour d’une ruelle, nous arrivons dans une salle / temple, à l’intérieur nous découvrons une assemblée de moines en prière, psalmodiant des mantras, ainsi qu’un Lama très charismatique. C’est à la fois impressionnant et intimidant. Nous ressortons pour découvrir les autres temples du monastère et assistons à la ferveur des croyants, qui se pressent en une foule compacte (parfois même sans beaucoup de considération pour les autres) devant l’entrée. Ce monastère est simplement fantastique.

 Le 5ème jour, nous partons plus au Sud et à l’intérieur pour la ville de Tingri et l’Everest Base Camp. Nous devons dormir au pied de celui-ci à 5200 mètres d’altitude. La route est superbe mais la conduite de notre chauffeur en montagne et terrain accidenté ne m’inspire pas tellement confiance. Nous arrivons à la tombée du de la nuit, sans pouvoir rien voir, il y a un voile de nuages. Je ressens à nouveau une gêne, quelques maux de têtes et je pense que la nuit aidant, demain je me serai acclimaté. Nous rencontrons un couple d’Australiens hyper sympas, la femme surtout (le mari lui ressent le mal de l’altitude de façon très forte et c’est à peine s’il peut parler). Pendant que Maj discute sur l’Australie et les coins sympas, je refais le monde avec notre guide tout en dinant. C’est très agréable, il y a un poêle central et il fait bon. Puis l’heure du dodo arrive et là, ce n’est plus pareil, il règne un froid sibérien dans la chambre (pas de chauffage) bien moins de -10°C. Nous nous glissons en quatrième vitesse dans nos sacs de couchages, avec nos doudounes et, pour ma part, avec mes chaussettes et mon bonnet bien vissé sur la tête, le tout ne laissant apparaitre qu’un mince filet à l’air libre, pour les yeux (le nez et la bouche à l’intérieur), c’est la technique de la tortue.  Imaginez, nous avions froids aux yeux si nous les ouvrions !!

Le 6ème jour, nous découvrons l’Everest à notre réveil, en fait Maj surtout. Moi je me réveille dans un état calamiteux avec une forte migraine, et j’ai du mal à me concentrer. Donc bon, l’excitation du lieu  et de l’instant me passe à 5201 mètres au-dessus de la tête pendant la première demie-heure. Mais après je rejoins Maj dans ce moment unique et comme de vrais gosses nous courons dans tous les sens, c’est à qui prendra la plus jolie photo !
Nous quittons l’Everest très impressionnés et nous partons ensuite pour la ville frontière de Zanghmu. Nous empruntons pendant plusieurs heures un chemin, essentiellement de la piste, très chaotique, à travers les montagnes, mais les paysages sont sublimes, et mon dos s’en souvient encore. Mais ce n’est rien en comparaison de la route principale qui mène à la ville frontière proprement dite. Naturellement assez dangereuse (beaucoup d’éboulis et de glissements de terrain), nous apprenons en chemin que cette route n’est pas finie par endroit (toujours en cours de construction). Nous ne tarderons pas à découvrir à quel point. Pas de doutes nous sommes en Chine, la construction se fait ici essentiellement manuellement, il n’y pas ou presque de machines outils et les ouvriers (majoritairement chinois) dorment à même le chantier, sur des cabanes de fortunes surplombant des précipices impressionnants.
Certains passages sont si étroits, boueux et à flanc de falaise, que bien qu’en 4x4, nous décidons plus sage, de descendre à pied et passer les zones de chantier, pour plus de sécurité. Nous serons même priés de nous arrêter le temps que les artificiers fassent exploser un pan de montagne ! Arrivés à Zanghmu, la ville est assez pauvre et se dresse à flanc de montagne, et la route est bordée de camions de marchandises. Dans le petit restaurant en bas de notre hôtel, nous nous remettrons de nos émotions autour d’un bon repas.

Le 7ème et dernier jour, nous parcourons les quelques kilomètres et passons le poste frontière chinois, dans une ambiance surréaliste, c’est la première fois que nous franchissons une frontière à pied, c’est une peu étrange. Ce poste frontière moderne contraste singulièrement avec la ville que nous avons laissée, et le personnel est ici d’une extrême politesse, limite obséquieux. En guise de contrôle nous devons remplir et signer un questionnaire de satisfaction sur le poste frontière et serons même pris en photos par un des militaires chinois, tout sourire pour l’occasion…
Nous passons ensuite un pont,  le pont dit de « l’Amitié » et là, entre les militaires chinois, nous découvrons des femmes vêtues de Saari, nos premiers Népalais et les senteurs d’épices, nous entrons au Népal et il règne un parfum  d’Inde.
 
Good Bye Tibet (China), Hello Nepal.

 

 

Par Maj&Mario
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Mercredi 11 novembre 2009 3 11 /11 /2009 14:38

redige par Maj 

Sur le retour entre la Russie et la Chine, nous décidons, à mon initiative, de nous arrêter dans une réserve pour tigres de Sibérie. Ces tigres se différencient des tigres normaux par leur taille plus imposante et leur fourrure, plus épaisse, adaptée au froid. Ils se concentrent en Sibérie orientale, dans le nord est de la Chine et en Corée du Nord. Cette visite sera un paradis pour Mario, et un cauchemar pour moi! Mario dévore les tigres des yeux et prend une multitude de photos, moi j'ai l'impression d'être montée dans un mauvais manège qui, une fois démarré, est impossible à arrêter.

Nous sommes dans un minibus qui passe grillage après grillage et rentre de plus en plus profondément dans des carrières et nous sommes entourés de tigres en liberté partout! Il  y en a plus de cinquante. Certains sont à un mètre de nous et lorsque plusieurs se reposent au loin, par groupe de cinq ou six, notre chauffeur se fait un malin plaisir à s'incruster au milieu de leur cercle, à mon grand désespoir. Je réalise à quel point nous mettons notre vie entre les mains d'une simple et menue vitre ! Les tigres semblent néanmoins habitués et relativement indifférents à la présence des minibus et nous regardent d'un air las. Pendant ce temps, de notre côté, c'est l'agitation, voire la cirée. Dans le bus, les chinois s'excitent tous et sortent des billets en hurlant. Voyant que nous ne comprenons pas ce qu'il se passe l’un d’entre eux vient nous expliquer dans un anglais approximatif et à une voix à en perdre haleine, qu'ils cotisent pour acheter des poulets qu'on va  jeter vivants aux tigres pour les voir les dévorer. Ooh ben dis donc, c'est génial ça. Mario sort des billets et moi je me prépare à me boucher les oreilles et à fermer les yeux, comme devant un film d'horreur.

Nous comprenons alors que la star, ce n'est pas nous, c'est  la « voiture aux poulets » Alors lorsque cette voiture arrive, avant même que nous ne l'ayons vue, les tigres se lèvent tous. Ils courent alors de façon impressionnante sur cette voiture, la pourchassent quitte à monter dessus (toujours à un mètre de nous) Lorsque le chauffeur jette des poulets, ils bondissent dessus et le premier qui a la chance de l'attraper au vol (et de l'étrangler mais ça c'est un détail) s'en va en narguant les autres avec son festin entre les dents. Végétariens s'abstenir. Je me demande ce qu'a fait au bon dieu le chauffeur de la voiture aux poulets pour mériter un métier  pareil, à passer ses journées à être pourchassé par des tigres affamés. Ce n'est que sur le trajet du retour, dans le taxi, que je n'arrêterai pas de dire que c'était merveilleux, impressionnant, incroyable de voir ces animaux majestueux d'aussi près, sous le regard narquois et le sourire en coin de Mario qui savait pertinemment que j'étais la seule du bus à avoir passé pratiquement tout le trajet sous le siège à demander « ça y est, on a fini le circuit ou pas encore? »

Par Maj&Mario
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